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Le président ghanéen réélu, l'opposition rejette les résultats

Le président ghanéen Nana Akufo-Addo a été réélu avec 51,59% des voix. KEYSTONE/EPA/CHRISTIAN THOMPSON sda-ats
Ce contenu a été publié le 10 décembre 2020 - 02:39
(Keystone-ATS)

Le président ghanéen Nana Akufo-Addo a été réélu mercredi face à son rival politique historique John Mahama, qu'il affrontait pour la troisième fois. L'opposition rejette les résultats de ce scrutin qui s'est avéré extrêmement serré.

Le chef de l'Etat, leader du Nouveau parti patriotique (NPP) remporte 51,59% des voix contre 47,36% pour le candidat de l'opposition du Congrès national démocratique (NDC), a annoncé mercredi Jean Adukwei Mensa, présidente de la Commission électorale dans une video diffusée en direct sur les réseaux sociaux. Seules 515'524 voix séparent le président Akufo-Addo de son prédécesseur M. Mahama, devenu chef de l'opposition en 2016.

"Les preuves accablantes disponibles nous empêchent d'accepter cette conclusion fallacieuse et précipitée", a déclaré Haruna Iddrisu, un parlementaire du Congrès national démocratique (NDC), après cette annonce.

"Nous avons l'intention de prendre des mesures décisives et tangibles, concernant à la fois les résultats de la présidentielle et des élections parlementaires, pour renverser cette attaque éhontée et impudente de notre démocratie", a affirmé M. Iddrisu, lors d'une conférence de presse à Accra.

Près de 80% de participation

Les résultats de la présidentielle ont été annoncés 48 heures après la fin du vote lundi, où plus de 17 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour choisir entre douze candidats à la magistrature suprême. Le taux de participation de cette élection est de 79%, selon la Commission électorale.

Les Ghanéens élisaient également lundi leurs 275 députés, mais les résultats de ces élections législatives n'ont pas encore été communiqués par la Commission. Les deux principaux camps contestent une partie des résultats provisoires.

Des dizaines de partisans réunis devant la résidence du chef de l'Etat ont laissé éclaté leur joie à l'annonce des résultats, a constaté un journaliste de l'AFP. Devant sa maison, une foule compacte chantait et dansait dans un tintamarre de klaxons et de vuvuzelas.

Election globalement calme

Les élections s'étaient déroulées globalement dans le calme, même si 5 personnes ont été tuées dans des violences électorales depuis lundi, selon la police.

Hormis ces incidents isolés, l'élection avait été de manière générale saluée comme un exemple en Afrique de l'Ouest, en proie cette année à plusieurs scrutins violents et contestés, notamment en Côte d'Ivoire voisine.

Toutefois, au lendemain du vote, l'entente cordiale entre les deux candidats qui ont signé un "pacte de paix" les engageant à ne cautionner aucune violence lors du vote et à la proclamation des résultats, s'était effritée et le ton s'était durci.

Mardi soir, John Mahama avait prévenu qu'il "résisterait à toute tentative de vol du scrutin" alors que la rumeur selon laquelle il avait concédé la victoire circulait depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux.

Troisième affrontement

John Mahama a également assuré que son parti avait remporté la majorité au parlement, déclaration qu'avait aussitôt démenti le ministre de l'Information Kojo Oppong Nkrumah.

Ces deux vieux adversaires politiques s'affrontaient pour la troisième fois, avec lors des deux précédents scrutins des résultats également serrés. En 2012, M. Mahama l'avait emporté avec 50,7% des voix, puis en 2016 ce fut M. Akufo-Addo avec 53,8%.

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