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Le président malien annonce une loi d'entente nationale

Le projet de loi "ne constitue ni une prime à l'impunité, ni un aveu de faiblesse. Encore moins un déni du droit des victimes", a précisé Ibrahim Boubacar Keita (archives).

KEYSTONE/EPA/JULIEN WARNAND

(sda-ats)

Le Mali va se doter d'une loi "d'entente nationale", a annoncé le président Ibrahim Boubacar Keita dans la nuit de dimanche à lundi. Le texte prévoit de ne pas poursuivre "tous ceux impliqués dans une rébellion armée" n'ayant "pas de sang sur les mains".

Le président Keïta a dit s'inspirer de la "charte pour la paix, l'unité et la réconciliation nationale" qui lui a été remise le 20 juin, deux ans après la signature d'un accord de paix entre le pouvoir de Bamako et les rebelles du nord du pays. Pour "conforter la réconciliation nationale", ce document "propose des mesures spéciales de cessation de poursuite ou d'amnistie en faveur de certains acteurs de la rébellion armée de 2012".

Le projet de loi prévoira également "des mesures d'apaisement après l'accélération des procédures en cours et les réparations accordées aux victimes reconnues", ainsi qu'un "programme de réinsertion pour tous ceux qui déposeront les armes et s'engageront publiquement à renoncer à la violence", a affirmé le chef de l'Etat dans son message de fin d'année.

Aucun déni des victimes

Mais, a-t-il assuré, il "ne constitue ni une prime à l'impunité, ni un aveu de faiblesse. Encore moins un déni du droit des victimes". "Il offre une possibilité de réinsertion à ceux qui se sont laissés entraîner dans la contestation armée, mais qui n'ont pas commis l'inacceptable et qui manifestent un repentir sincère", a-t-il expliqué.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al-Qaïda, à la faveur de la déroute de l'armée face à la rébellion à dominante touareg, d'abord alliée à ces groupes qui l'ont ensuite évincée. Les djihadistes ont été en grande partie chassés de cette région à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement frappées par des attaques, malgré l'accord de paix, censé isoler définitivement les djihadistes, dont l'application accumule les retards.

Pas de report des élections

Pour "mettre fin à certaines supputations" sur un éventuel report des scrutins prévus en 2018, le chef de l'Etat a également réitéré "l'assurance que toutes les élections - et plus particulièrement la présidentielle et les législatives - se tiendront dans le respect des délais constitutionnels". Il n'a toutefois pas dit s'il serait candidat.

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