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Le président du Nicaragua Daniel Ortega est confronté depuis quatre mois à des manifestations de l'opposition réclamant sa démission et celle de sa vice-présidente et épouse Rosario Murillo.

KEYSTONE/AP/ALFREDO ZUNIGA

(sda-ats)

Le président nicaraguayen Daniel Ortega a violemment attaqué mercredi le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme. Ce dernier venait de publier un rapport sur la situation au Nicaragua.

Le Haut Commissariat "n'est qu'un instrument de politiques de terreur, de mensonge et d'infamie", a déclaré M. Ortega lors d'un rassemblement de membres de son parti à Managua. Le président réagissait à la publication mercredi à Genève et à Managua d'un rapport du Haut Commissariat sur les violations des droits de l'Homme survenues au cours des manifestations anti-gouvernementales au Nicaragua entre le 18 avril et le 18 août.

Daniel Ortega est confronté depuis quatre mois à des manifestations de l'opposition réclamant sa démission et celle de sa vice-présidente et épouse Rosario Murillo. La répression de ces rassemblements, au cours desquels plus de 300 personnes ont été tuées selon des associations de défense des droits de l'Homme, a suscité de nombreuses critiques internationales.

Parmi les violations citées dans le document figurent "l'usage disproportionné de la force, qui se traduit parfois par des exécutions extrajudiciaires; des disparitions forcées; des détentions arbitraires généralisées; la torture et les mauvais traitements". M. Ortega a accusé le document d'être partial et de donner une image orientée des événements.

"Personne n'y croit plus"

Dans son rapport, le Haut Commissariat "ne dit pas un mot et ignore totalement les morts provoquées par les putschistes, les assassins, qui sont venus détruire le calme d'un peuple", a déclaré le président Ortega.

Les autorités nicaraguayennes qualifient régulièrement de "putschistes" les participants aux manifestations de l'opposition. Elles font état d'un bilan de 198 morts pendant les manifestations et en imputent la responsabilité à l'opposition.

Au-delà du rapport publié mercredi, le président Ortega, un ancien guérillero sandiniste âgé de 71 ans, a étendu sa critique à l'ONU dans son ensemble. "Personne ne croit plus les organisations internationales", l'ONU est "un instrument des puissants et de leurs politiques de mort", a-t-il dit.

Pas objectives

Peu avant la diatribe de M. Ortega, le gouvernement nicaraguayen a estimé que le Haut Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme avait "outrepassé ses prérogatives" et montré de l'"irrespect" envers la souveraineté du pays.

Selon le gouvernement, le rapport "préjuge du comportement de l'Etat, en considérant comme avérées de supposées violations des droits de l'Homme, et il contient des affirmations a priori, dépourvues d'objectivité et qui ne sont pas étayées".

Dans un communiqué diffusé à l'occasion de la publication du rapport, le Haut Commissaire Zeid Ra'ad Al Hussein a appelé la communauté internationale à agir pour enrayer la crise au Nicaragua. "La répression et les représailles contre les manifestants se poursuivent au Nicaragua, alors que le monde regarde ailleurs", a-t-il déclaré.

Les manifestations de l'opposition au Nicaragua, le pays le plus pauvre d'Amérique centrale, ont commencé en avril contre une réforme de la sécurité sociale - abandonnée depuis - pour se durcir ensuite et s'étendre à tout le pays en réaction à la répression.

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