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Le président péruvien visé par une procédure de destitution

Le Congrès national péruvien votera jeudi sur la destitution du président Pedro Pablo Kuczynski. KEYSTONE/AP/MARTIN MEJIA sda-ats
Ce contenu a été publié le 16 décembre 2017 - 08:58
(Keystone-ATS)

Le Congrès péruvien, contrôlé par l'opposition, a voté vendredi le lancement d'une procédure de destitution pour "incapacité morale" à l'encontre du président Pedro Pablo Kuczynski. Le chef de l'Etat est mis en cause dans un scandale de corruption.

Le texte sur la "vacance présidentielle", adopté par 93 voix contre 17, prévoit la tenue d'un vote jeudi prochain. Le chef de l'Etat conservateur, qui dément toute malversation, aura l'occasion de se défendre devant les parlementaires. Il faudra 87 voix (sur 130) au parlement monocaméral pour le contraindre à quitter ses fonctions.

L'équilibre des forces au Congrès est défavorable au président. Force populaire, le parti de droite de Keiko Fujimori, compte 72 élus. A cela s'ajoutent les parlementaires de gauche de Front large (10 élus), Alliance pour le progrès (9) et l'Apra (5).

Affaire Odebrecht

Pedro Pablo Kuczynski, un ancien banquier âgé de 79 ans, a exclu cette semaine de démissionner malgré le scandale lié à des versements effectués par l'entreprise brésilienne de BTP Odebrecht à une société, Westfield Capital, qu'il contrôlait tout en exerçant un mandat public.

Parti du Brésil, le scandale Odebrecht ébranle de nombreux pays d'Amérique latine depuis que l'entreprise de BTP a accepté il y a un an d'expliquer en détail à la justice les mécanismes qui lui ont servi pendant des années à verser des pots-de-vin à la classe politique.

La société brésilienne a transmis cette semaine un rapport au Congrès péruvien dans lequel elle détaille les versements d'un montant total de 4,8 millions de dollars (4,75 millions de francs) effectués à Westfield Capital et à une entreprise dirigée par un ami proche et associé en affaires de Pedro Pablo Kuczynski.

30 millions sur une décennie

Odebrecht affirme avoir versé environ 30 millions de dollars de pots-de-vin à des responsables péruviens sur une décennie, notamment durant la présidence d'Alejandro Toledo (2001-2006), quand Pedro Pablo Kuczynski était Premier ministre et ministre des Finances.

Keiko Fujimori, battue par M. Kuczynski lors de la présidentielle de l'an dernier, est elle-même soupçonnée par la justice d'avoir bénéficié de l'argent d'Odebrecht pour financer une précédente campagne électorale en 2011.

S'il est destitué, Pedro Pablo Kuczynski sera remplacé par le premier vice-président Martin Vizcarra, ancien gouverneur d'une région minière et actuel ambassadeur du Pérou au Canada.

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