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Le président philippin pourrait être à l'origine d'un crime contre l'humanité avec sa guerre antidrogue, selon Amnesty International (archives).

KEYSTONE/EPA PPD/ACE MORANDANTE / PPD / HANDOUT

(sda-ats)

Le président philippin Rodrigo Duterte a annoncé jeudi que l'armée jouerait un rôle de premier plan dans sa guerre meurtrière contre la drogue. Il promet la mort à davantage de trafiquants et de consommateurs.

"J'engage les Forces armées des Philippines et je fais de la question de la drogue une menace pour la sécurité nationale, ainsi je ferai appel à l'aide de la totalité des forces armées", a déclaré le président. Il a ajouté qu'il ferait tuer davantage de toxicomanes.

Il s'agit des premières déclarations de M. Duterte depuis la publication mercredi par Amnesty International d'un rapport dans lequel l'ONG estime que ces meurtres sont peut-être assimilables à des crimes contre l'humanité. Depuis l'entrée en fonctions de M. Duterte fin juin, plus de 6500 personnes ont été tuées.

Cette semaine, le président avait reconnu que la police - à laquelle était confié un rôle de premier plan dans cette guerre antidrogue - était "corrompue jusqu'à la moelle". Il avait annoncé que les policiers seraient désormais écartés des opérations.

Police corrompue

Une série de scandales impliquant des officiers dans des affaires de meurtre, d'enlèvement, d'extorsion ou de rançon ont éclaté ces derniers temps. Les mis en cause se servaient de la guerre antidrogue comme couverture.

En particulier, des policiers des "stups" sont accusés d'avoir enlevé et tué un homme d'affaires sud-coréen dans le cadre d'une opération d'extorsion, selon l'enquête officielle.

Amnesty a accusé la police d'abus systématiques des droits de l'Homme, notamment le fait d'abattre des gens désarmés, de monter des preuves de toutes pièces, de payer des tiers pour assassiner des suspects et de voler les victimes. "Les policiers se comportent comme les criminels des bas-fonds auxquels ils sont censés faire respecter la loi", disait le rapport.

"Je vais en tuer plus"

Mais M. Duterte a refusé de se laisser démonter et s'est lancé jeudi dans une tirade ponctuée de grossièretés contre ses opposants. Il a rejeté les accusations de violations des droits de l'Homme.

Il a également livré une longue explication sur les problèmes des usagers de la méthamphétamine, substance hautement addictive, connue dans l'archipel sous le nom de shabu.

"Et vous avez le coeur qui saigne pour ces fils de pute", a-t-il dit, estimant que 3000 toxicomanes avaient été abattus jusqu'à présent. "Je vais en tuer plus. Ne serait-ce que pour être débarrassé de la drogue". La police a annoncé avoir tué 2555 personnes tandis que près de 4000 autres sont mortes dans des circonstances non élucidées, selon les chiffres officiels.

ATS

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