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Le président Yahya Jammeh (centre) a choisi la manière forte (archives)

KEYSTONE/EPA/STR

(sda-ats)

Le président gambien Yahya Jammeh a proclamé mardi l'état d'urgence en Gambie alors que le Nigeria et les autres pays membres de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) songent à une intervention militaire. Le Maroc joue les médiateurs.

M. Jammeh a invoqué "un niveau d'ingérence étrangère exceptionnel et sans précédent" dans le processus électoral du pays. Le président qui refuse d'accepter de rendre le pouvoir a fait sa déclaration à la télévision gambienne.

Il a fait cette annonce à deux jours de l'investiture prévue de son successeur élu Adama Barrow, accueilli au Sénégal jusqu'à cette date et dont il conteste la victoire à la présidentielle du 1er décembre.

Il a aussi déploré "l'atmosphère hostile injustifiée qui menace la souveraineté, la paix et la stabilité du pays". Selon la Constitution gambienne, l'état d'urgence peut durer sept jours lorsqu'il est proclamé par le chef de l'Etat, mais peut être porté à 90 jours avec l'approbation de l'Assemblée nationale.

Riposte africaine

Une source militaire nigériane a pour sa part rapporté qu'"une décision a été prise qui prévoit que M. Jammeh ne demeure pas président à la fin de son mandat". Le Nigeria exerce la présidence tournante de la Cédéao. Cette stratégie a également reçu l'aval des Nations unies et de l'Union africaine, ajoute-t-on de même source.

Au pouvoir depuis un putsch en 1994, Yahya Jammeh refuse d'admettre sa défaite après avoir pourtant d'abord accepté le résultat du vote.

Démissions en chaîne

Signe de l'abandon progressif des soutiens dont le président Yahya Jammeh disposait et de son isolement non seulement sur la scène internationale mais également dans son propre pays, quatre ministres ont démissionné, a rapporté mardi la télévision d'Etat.

Il s'agit des ministres des Finances, des Affaires étrangères, du Commerce et de l'Environnement. La ministre des Affaires étrangères démissionnaire, Neneh Macdouall-Gaye, aurait d'ailleurs quitté le pays, ont indiqué des sources gouvernementales.

A ces trois départs s'ajoute le ministre de la Communication, démissionnaire la semaine dernière. Le maire de la capitale gambienne Banjul aurait aussi quitté ses fonctions, selon la municipalité.

Médiation marocaine

Selon le site d'information en ligne marocain Le Desk, le Maroc mènerait une "médiation discrète et de la dernière chance" pour obtenir le départ du président Yahya Jammeh. Cette mission menée notamment par le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita aurait lieu depuis quelques jours à Banjul. Les autorités marocaines n'ont toutefois pas encore confirmé officiellement cette médiation.

L'objectif de Rabat serait de persuader le chef de l'Etat gambien de "céder le pouvoir" et "d'accepter sa défaite aux dernières élections contre l'éventualité d'une retraite dorée au Maroc", affirme mardi Le Desk, qui cite des "sources diplomatiques concordantes".

ATS

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