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Le présumé espion (au centre) a avoué les faits jeudi devant le tribunal de Francfort (archives).

Keystone/DPA/POOL/ANDREAS ARNOLD

(sda-ats)

Le présumé espion suisse est passé aux aveux jeudi devant le tribunal de Francfort (D). Il a admis avoir rempli des missions pour le Service de renseignement de la Confédération (SRC) et reçu 28'000 euros pour ses activités. Il maintient qu'il n'y a pas eu de taupe.

Dans l'explication donnée par sa défense, l'ex-policier zurichois de 54 ans a nommé les personnes avec qui il était en contact au sein du SRC. Il n'a pas non plus nié avoir rencontré à plusieurs reprises son vice-chef. Il a en outre avoué s'être mis à la recherche d'une taupe avec l'aide de son contact allemand.

Mais il soupçonne celui-ci de ne pas avoir fait cette recherche et que cet informateur n'a donc jamais existé. Avec le recul, il pense s'être fait flouer. Son partenaire lui disait qu'il était question de sécurité nationale. "Même si j'étais sceptique au départ, c'était plausible", a-t-il raconté. "C'est le policier en moi" qui a parlé.

Méthodes choquantes

Le Suisse, simplement vêtu d'un pull gris, soupçonne le contact allemand d'avoir gardé l'argent qu'il lui a versé. Il regrette d'avoir mal évalué la situation à l'époque et d'avoir accepté de compléter les données sur les inspecteurs du fisc allemand.

Pour rappel, le détective privé est accusé d'avoir espionné, de juillet 2011 à février 2015, les autorités fiscales de Rhénanie du Nord-Westphalie sur mandat du SRC.

L'accusé a également rappelé le contexte dans lequel cela s'est passé, soit à une époque de tension entre la Suisse et l'Allemagne liée au secret bancaire. Il s'est dit choqué des méthodes employées par les agents du fisc allemand.

"Comment les autorités allemandes pouvaient encourager des inspecteurs du fisc de commettre un vol de données", s'est-il interrogé. Cet homme infiltré était chargé de recueillir des informations supplémentaires sur les démarches allemandes concernant l'acquisition de CD.

Dépassé par l'affaire

Et l'ex-policier zurichois d'avouer qu'il s'est également senti flatté d'avoir été approché par un agent du SRC pour une telle mission. Le but était de mettre fin à ce système afin d'éviter d'autres vols de données, a-t-il poursuivi. "Le délit n'était pas insignifiant".

Au final, l'affaire l'a dépassé et il n'a pas obtenu la protection du SRC sur laquelle il tablait. Le président du tribunal s'est montré critique à l'égard de certaines de ses déclarations, étonné que le Suisse ne se soit pas davantage méfié et qu'il ait accompli sa tâche sans broncher et sans demander de comptes par la suite.

Aux zones d'ombre, l'accusé a réitéré ses dires, affirmant avoir honte de s'être fait avoir de cette manière. Il a peut-être été naïf et "pris de gros risques", mais il n'a pas agi avec une "énergie criminelle". Il a agi au nom de la sécurité nationale. C'est un citoyen suisse qui voulait servir son pays, a renchéri son avocat à l'issue du deuxième jour du procès.

L'appât du gain

Sa motivation était "le patriotisme, le goût de l'aventure, l'appât du gain et l'indignation", a souligné le natif du canton de Soleure. Dans le détail, il est accusé d'avoir acquis des informations personnelles sur trois enquêteurs fiscaux de Rhénanie du Nord-Westphalie qui avaient participé à l'achat de CD contenant des données de clients allemands de banques suisses et fraudeurs présumés du fisc allemand.

Et il aurait justement placé une taupe dans l'administration des finances de ce Land. Le fonctionnaire de la police allemande responsable de l'enquête, également auditionné, a de son côté assuré que rien ne permettait de prouver l'existence d'un tel indicateur "à part les dires de l'accusé lui-même". Le procureur a également avoué qu'on ne pouvait en effet pas le prouver.

Le verdict devrait tomber la semaine prochaine ou celle d'après. Le parquet doit d'abord vérifier les preuves. "Les dires de l'accusé ne peuvent pas être pris pour argent comptant", a expliqué la porte-parole du tribunal en marge du procès.

Parti pour durer jusqu'à décembre, ce dernier a été écourté. Un procédé pas inhabituel en Allemagne, où les ententes avec la justice sont courantes, d'après l'avocat Robert Kain.

Durée de la peine

Pour l'heure, le seul point qui reste encore ouvert est la durée de sa peine. Le parquet exige un an et demi à deux ans avec sursis, ainsi qu'une peine pécuniaire de 50'000 euros. Généralement les juges tranchent au milieu, donc "il devrait écoper d'un an et 8 mois à peu près", estime la défense.

Un accord à l'amiable qui met un terme à un important imbroglio diplomatico-judiciaire entre l'Allemagne et la Suisse. "La pression politique était trop grande", concède un de ses avocats.

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ATS