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Le prêtre accusé d'abus sexuels a été exclu de l'ordre des capucins, mais ceux-ci continueront de l'héberger (image symbolique).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

Le père capucin qui a abusé sexuellement du Fribourgeois Daniel Pittet a été exclu de l'ordre par le Vatican. Il ne peut par ailleurs plus exercer en tant que prêtre.

Le 20 mai, la Congrégation pour la doctrine de la foi à Rome a décidé de le libérer des voeux monastiques et de le réduire à l'état laïc, apprend-on samedi sur le site officiel des capucins de Suisse. Les religieux vont cependant continuer à héberger le prêtre de 77 ans, car il est "malade et fragile".

Un livre comme déclencheur

Daniel Pittet a publié en février "Mon Père, je vous pardonne... survivre à une enfance brisée", un témoignage de son calvaire. Le bibliothécaire de 58 ans raconte avoir été violé par un prêtre capucin dès l'âge de 9 ans à Fribourg entre 1968 et 1972. Le père est nommé dans l'ouvrage et M. Pittet lui avait même permis de s'y exprimer. Le pape François a préfacé le livre.

Le 17 mai, une commission d'enquête indépendante a commencé à examiner les révélations du Fribourgeois à la suite de la publication de l'ouvrage. Les résultats devraient être disponibles dans quelques mois. Les faits sont prescrits.

Pas un jour en prison

En 1989, Daniel Pittet a alerté le diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, après avoir rencontré un enfant victime du prêtre pédophile. Les capucins ont muté le prêtre en France, à Grenoble, puis à Lyon après de nouveaux soupçons. Il vit aujourd'hui dans un couvent de capucins en Suisse alémanique.

Dans les années 2000, Daniel Pittet a témoigné à la télévision. Le Ministère public fribourgeois a enquêté. Son rapport rendu public en 2008 recensait en Suisse 22 victimes entre 1958 et 1995 (Fribourg, Vaud, Valais, Genève). Mais tous ces cas étaient prescrits. M. Pittet estime que le prêtre a fait une centaine de victimes.

Le bourreau n'a pas passé un seul jour en prison. Sa seule sanction a été une peine de deux ans et demi avec sursis, pour des abus sur son neveu et sur un autre enfant dans les années 1990. Ce jugement a été rendu par le Tribunal de grande instance de Grenoble en 2012.

ATS