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Après deux jours de protestations de ses opposants, le Premier ministre malaisien Najib Razak a présidé lundi une cérémonie officielle pour la fête nationale. L'événement a vu affluer ses partisans par milliers dans les rues de Kuala Lumpur.

Le 31 août marque l'anniversaire ce petit pays devenu indépendant en 1957. Le parti de Najib est arrivé au pouvoir et ne l'a plus quitté depuis. La cérémonie de lundi, retransmise en direct à la télévision, est une démonstration de force qui symbolise la difficulté à contraindre le gouvernement à des changements, selon des analystes.

Durant le week-end, des milliers de Malaisiens ont manifesté à Kuala Lumpur pour réclamer de grandes réformes et la démission du Premier ministre. Ils étaient 200'000, selon les organisateurs. Certains participants se montraient sceptiques sur la suite du mouvement, à l'image de l'un d'eux, l'avocat Simon Tam.

"Nous avons fait de notre mieux, maintenant c'est à nouveau leur tour. Ce ne sera pas facile de faire démissionner Najib, et il n'y a peut-être pas d'espoir du tout", estime Simon.

Scandale financier

La contestation contre le Premier ministre concerne avant tout l'énorme scandale financier touchant la société publique 1Malaysia Development Berhad (1MDB) créée à son initiative peu après son arrivée au pouvoir en 2009, endettée aujourd'hui à hauteur de 10 milliards d'euros. Il est soupçonné d'avoir détourné l'équivalent d'environ 640 millions d'euros (près de 690 millions de francs).

Najib Razak a vigoureusement démenti tout acte répréhensible. Des ministres de son gouvernement affirment qu'il s'agit de "dons politiques" non identifiés venant du Moyen-Orient.

Participation surprise

Dimanche, les manifestants ont été galvanisés par la participation surprise de l'ancien Premier ministre Mahathir Mohamad (1981-2003) resté une personnalité influente dans le pays. Il a déclaré que le seul moyen de faire partir Najib serait de le "renverser" à travers des manifestations. Mahathir l'accuse de corruption, d'abus de pouvoir et de mauvaise gestion économique.

La forte mobilisation du week-end n'est cependant pas considérée par certains observateurs comme une menace majeure pour le Premier ministre. Les organisateurs manquent d'un leader charismatique, l'opposition malaisienne est divisée, et Najib Razak a le contrôle d'institutions clés telles que la police, la justice et le Parlement.

ATS