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Le Premier ministre du Pakistan a été jugé jeudi coupable d'outrage à la justice pour son refus de coopérer dans une affaire de détournements de fonds présumés vers la Suisse visant le président Asif Ali Zardari. Ce jugement pourrait faire de lui le premier "fusible" du chef de l'Etat.

Yousuf Raza Gilani, qui encourait six mois de prison, n'a fait l'objet que d'une peine symbolique. La Cour suprême l'a condamné à être détenu le temps de l'audience, qui n'a duré que quelques minutes. M. Gilani est ressorti un large sourire aux lèvres et sous les vivats de ses ministres et de dizaines de sympathisants. Le chef du gouvernement a ensuite exprimé via son avocat son intention de faire appel.

Selon la Constitution, les personnes condamnées ne peuvent plus occuper de poste officiel. Le principal leader de l'opposition pakistanaise Nawaz Sharif a appelé jeudi à la démission "immédiate" de M. Gilani. M. Sharif a à nouveau réclamé l'organisation d'élections anticipées, comme il le fait depuis plusieurs mois.

Comptes en Suisse

La Cour suprême avait annulé en 2009 un décret d'amnistie générale de 2007 exonérant l'actuel président Zardari de poursuites, notamment dans une affaire de détournements présumés de fonds publics dans les années 1990, transférés sur des comptes en Suisse.

En mars 2010, la Cour suprême avait demandé à la Suisse de rouvrir l'enquête pour corruption. Mais Berne n'avait pas reçu de demande d'entraide judiciaire, nécessaire pour réactiver le dossier, de la part du gouvernement pakistanais. Le procureur de Genève Daniel Zappelli avait aussi estimé qu'il ne pouvait poursuivre le chef d'Etat en raison de son immunité judiciaire.

La Haute Cour pakistanaise avait alors sommé le gouvernement de demander à la justice suisse de rouvrir les procédures judiciaires, ce qu'il n'a jamais fait. Le 13 février dernier, elle avait inculpé M. Gilani pour outrage à la Cour pour ne pas s'être plié à cette injonction depuis plus de deux ans.

ATS