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Les Etats-Unis avaient riposté aux événements de Khan Cheikhoun dans la nuit du 6 au 7 avril, en tirant 59 missiles de croisière Tomahawk depuis deux navires américains en Méditerranée vers la base aérienne d'Al-Chaayrate (archives).

KEYSTONE/AP U.S. Navy/ROBERT S. PRICE

(sda-ats)

La Maison Blanche a annoncé lundi soir que le régime syrien préparerait une nouvelle attaque chimique. Elle a prévenu le président syrien Bachar al Assad du "prix fort" que paierait son armée si ce scenario se concrétisait.

"Les Etats-Unis ont identifié de potentiels préparatifs d'une autre attaque chimique par le régime syrien d'Assad qui pourrait provoquer le massacre de civils, y compris des enfants innocents", a écrit le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer dans un communiqué. Ces activités "sont similaires aux préparatifs du régime avant son attaque à l'arme chimique du 4 avril", a-t-il ajouté.

En représaille à cette attaque, les Etats-Unis avaient tiré trois jours plus tard 59 missiles contre la base aérienne d'Al-Chaayrate, près de Homs (centre), présentée comme le point de départ de l'attaque au gaz sarin.

Mise en garde à Moscou et Téhéran

"Si (...) M. Assad mène une autre attaque de masse utilisant des armes chimiques, lui et son armée paieront le prix fort", a mis en garde Sean Spicer.

"Toute nouvelle attaque lancée à l'encontre de la population syrienne sera attribuée à Assad, mais également à la Russie et à l'Iran qui l'ont aidé à tuer son propre peuple", a pour sa part prévenu sur Twitter l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley.

La Maison blanche n'a pas précisé quelles informations lui avaient permis de faire état d'une possible attaque. Selon un responsable américain proche du dossier, les services de renseignement américains ont identifié plusieurs sites suspectés d'être utilisés par le régime pour cacher des armes chimiques.

"Provocation cynique"

Cette mise en garde se fonde sur des rapports décrivant une activité anormale, a-t-il dit. Ces informations ne sont pas considérées comme probantes, mais l'administration Trump a décidé de publier un avertissement public dans une optique de dissuasion, a-t-il ajouté.

Moscou a rejeté ces accusations mardi. Pour Franz Klintsevich, de la commission de la Défense à la chambre haute du parlement, "c'est clair. Une provocation cynique et sans précédent est en cours de préparation", a-t-il dit.

Tonalité bien différente à Londres. Le ministre britannique de la défense Michael Fallon a rappelé que "l'action militaire doit être justifiée, légale, proportionnée. Elle doit être nécessaire. Dans le dernier cas, elle l'était", a-t-il dit sur la BBC, faisant allusion à Khan Cheikhoun. "Si les Américains ont recours de nouveau à une action similaire (...), nous la soutiendrons", a-t-il ajouté.

"Quelques tonnes" d'armes chimiques

L'attaque chimique présumée du 4 avril à Khan Cheikhoun, dans la province rebelle d'Idleb (nord-ouest) avait fait 88 morts, dont 31 enfants.

Ce raid était, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), la deuxième "attaque chimique" la plus meurtrière depuis le début du conflit en 2011 après celle au gaz sarin qui avait fait plus de 1400 morts dans la banlieue de Damas en 2013. Damas et Moscou réfutent les accusations occidentales.

Bachar al-Assad a assuré à plusieurs reprises avoir remis tous ses stocks d'armes chimiques, conformément à un accord mis au point sous les auspices de la Russie. Mais le secrétaire américain à la Défense James Mattis a affirmé n'avoir "aucun doute" sur le fait que Damas a conservé des armes chimiques. Selon une étude militaire israélienne, le régime dispose encore de "quelques tonnes" d'armes chimiques.

Regain de tension

Sean Spicer a tenu à rappeler dans son communiqué que l'objectif des Etats-Unis en Syrie est uniquement de lutter contre le groupe Etat islamique (EI) et pas de lancer une guerre contre le régime de M. Assad. Après le raid d'avril, des responsables américains avaient défendu une intervention "ponctuelle" destinée à prévenir de futures attaques à l'arme chimique.

Depuis lors, Washington a multiplié les frappes sur des milices chiites soutenues par l'Iran et a abattu un drone qui menaçait les forces de la coalition ainsi que, plus récemment, un avion de l'armée de l'air syrienne, au sud de Raqa.

ATS