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Malgré un taux de chômage bas, le risque de se trouver sans emploi tend à augmenter en Suisse, selon une étude de l'institut zurichois KOF. Le phénomène touche notamment les personnes disposant d'un faible niveau de formation et les jeunes.

Selon les professions, les employés de bureau, les ouvriers d'usine et les auxiliaires sont exposés à un risque de chômage croissant, a constaté le centre de recherches conjoncturelles (KOF) de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ). L'étude publiée mardi tente de cerner les raisons de la progression du chômage ces dernières années.

Pas forcément visible

"Une augmentation du taux de chômage moyen qui est presque passée inaperçue auprès du public". C'est que la Suisse a connu un "véritable miracle de l'emploi" depuis 1995, avec un coefficient de chômage qui est demeuré faible en comparaison internationale, note l'institut de recherche alémanique.

La hausse est très probablement un phénomène structurel et non conjoncturel, relève le KOF, qui met en relation le taux de chômage en Suisse et le nombre de postes vacants. Il apparaît qu'entre 2003 et 2005 et qu'entre 2012 et 2014, le coefficient a augmenté alors même que l'effectif des postes vacants progressait.

L'analyse des résultats établit par exemple "une corrélation entre le faible niveau d'éducation des personnes et la dégradation de leur situation face à l'emploi", explique le KOF. En revanche, le risque de chômage a diminué pour les femmes par rapport aux hommes présentant les "mêmes caractéristiques" (mêmes âges et formations).

Ecart femmes-hommes réduit

Le risque reste certes plus important pour les femmes, en particulier les plus âgées, que pour les hommes, mais l’écart s’est nettement réduit ces 20 dernières années. Ce résultat est d’autant plus remarquable que les femmes participent aujourd’hui bien davantage au marché du travail que dans les années 1990.

A la lumière de l'âge justement, il ressort des travaux du KOF que l'augmentation du chômage des jeunes constitue le "fait le plus marquant" de la période considérée. Aujourd’hui, environ 7% des jeunes sont sans emploi en Suisse, alors qu’ils étaient encore moins de 5% entre 1991 et 1993.

L’augmentation du risque de chômage n’a toutefois pas été supérieure à la moyenne pour les travailleurs plus âgés, ce risque étant très similaire à celui enregistré pour cette catégorie dans les années 1990. Les chômeurs seniors (plus de 50 ans) restent, comme à cette époque, davantage concernés par le risque de chômage de longue durée.

Glissement qualitatif

Pour les employés de bureau et les ouvriers, l'évolution reflète une situation observable dans d'autres économies: les emplois à revenu moyen, comme ceux des employés de bureau et des ouvriers, tendent à disparaître de plus en plus, tandis que d’autres emplois à revenu élevé ou médiocre (notamment dans le domaine des services) sont créés, ce qui améliore les perspectives dans ces secteurs.

L'étude diffusée par les services du KOF s'intitule "Augmentation du risque de chômage en Suisse: qui est concerné?". Elle montre encore en annexe que les chômeurs de Suisse francophone ont davantage tendance à s'inscrire auprès d'un office régional de placement (ORP) que ceux de Suisse germanophone se trouvant dans une situation comparable.

ATS