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Washington - Le Sénat des Etats-Unis a approuvé jeudi la plus vaste refonte du système de régulation financière depuis les années 1930. Prioritaire pour Barack Obama, elle est une réponse à la récente crise financière qui a affecté l'économie et les contribuables américains.
Les sénateurs ont approuvé le texte par 59 voix contre 39 et après plusieurs mois de débats législatifs. Le projet adopté par le Sénat doit maintenant faire l'objet d'une synthèse avec celui adopté au mois de décembre par la Chambre des représentants. Le texte définitif sera adressé au président américain qui pourrait être en mesure de le ratifier le mois prochain.
"On ne pourra plus parier avec l'argent des gens", a déclaré le chef de la majorité démocrate Harry Reid devant la presse à l'issue du vote. "Lorsque ce projet de loi sera promulgué, le rodéo à Wall Street sera terminé", a-t-il martelé.
M. Reid a également salué les quatre républicains "courageux" qui ont voté pour le texte. Deux démocrates qui voulaient obtenir des votes sur leurs amendements ont toutefois voté "non".
M. Obama avait réagi jeudi après-midi après le premier vote marquant la clôture des débats. Il s'était félicité du fait que les tentatives des "hordes de lobbyistes" de Wall Street ne soient pas parvenues à bloquer le projet de loi.
Si quatre républicains ont voté avec la majorité jeudi, le vote est resté marqué par une virulente critique de la part du reste de l'opposition. "Ce projet de loi promet de ralentir la croissance économique car il place un fardeau régulateur sur les entreprises, petites ou grande", a déclaré le républicain Richard Shelby devant le Sénat en affirmant que "les Américains méritent mieux".
Le projet de loi vise à éviter une répétition de la grave crise financière qui a culminé à l'automne 2008. Il prévoit notamment la création d'un organisme de protection du consommateur financier au sein de la banque centrale (Fed). Le texte empêche également le sauvetage de grandes institutions financières aux frais des contribuables.
Il prévoit aussi une régulation plus stricte de l'immense marché des produits dérivés, qui ne seraient plus commercialisés que sur des plateformes transparentes, et non de gré à gré. Et il interdit aux banques d'en commercialiser certains, appelés "swaps", qui consistent à échanger soit des actifs soit des flux financiers.
Cette dernière mesure jugée draconienne ne fait pas l'unanimité au Sénat. Elle pourrait subir des modifications lors des négociations à venir avec la Chambre.
Au cours des trois dernières semaines, les sénateurs ont examiné près de 60 amendements. Des dizaines d'autres mesures proposées ont été écartées.

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