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Martin Schulz, qui a pris la parole dimanche à Berlin, doit rencontrer ce jeudi Emmanuel Macron à Paris

KEYSTONE/EPA/FELIPE TRUEBA

(sda-ats)

Le SPD (parti social-démocrate), rival de la chancelière Angela Merkel en vue des élections du 24 septembre, annonce vouloir garantir un montant minimum d'investissement public en Allemagne. Le pays est souvent critiqué par ses partenaires pour ne pas dépenser assez.

"Aux côtés du frein à l'endettement, nous avons besoin d'un montant minimum pour les investissements" de l'Etat dans la Constitution nationale, a indiqué dimanche à Berlin le chef de file du SPD, Martin Schulz, en détaillant le programme électoral du parti.

"L'Etat, et c'est justifié, ne doit pas créer des déficits qui ne sont pas nécessaires", a-t-il argumenté, "mais dans ce cas il doit aussi ancrer dans le marbre la manière dont il compte utiliser son argent pour améliorer les infrastructures", en matière de transport, d'énergie ou d'Internet.

Sous l'impulsion d'Angela Merkel, l'Allemagne a inscrit en 2009 dans sa loi fondamentale un "frein constitutionnel à l'endettement". Celui-ci limite depuis 2011 le déficit structurel annuel de l'Etat fédéral et celui des Etats régionaux, hors effets non contrôlables de la conjoncture, à 0,35% du produit intérieur brut (PIB).

Depuis plusieurs années, l'Allemagne enregistre en réalité des excédents budgétaires au niveau fédéral et a réduit sa dette en proportion de son PIB.

Mais cette politique, combinée à des excédents commerciaux records, est critiquée à l'étranger. L'Allemagne, qui est accusée de profiter de ses partenaires à qui elle vend en masse les produits "made in Germany", est soupçonnée de garder les cordons de la bourse fermés lorsqu'il s'agit de soutenir la croissance globale en Europe via des investissements profitant à tous.

Paris fait pression

Le président français Emmanuel Macron a jugé dans une interview publiée jeudi que l'Allemagne "doit bouger" dans ce domaine. Berlin "doit accompagner une relance de l'investissement public et privé en Europe", a-t-il dit.

L'hebdomadaire britannique The Economist vient aussi de résumer les griefs à l'encontre de l'Allemagne avec une Une qui a fait grand bruit: "Le problème allemand: pourquoi son excédent porte préjudice à l'économie mondiale", avec en effigie l'aigle germanique toutes ailes et griffes déployées.

Merkel réservée sur le sujet

Angela Merkel reste très réservée sur le sujet. La chancelière a estimé dimanche que son gouvernement avait déjà "massivement augmenté les investissements" dans une interview à la chaîne de télévision ARD. "Pour le moment, nous ne pouvons dépenser l'argent dont nous disposons", a-t-elle ajouté, en estimant que l'Etat fédéral et les Etats régionaux devaient encore planifier leurs besoins précis et que cette procédure était trop lente.

Pour la prochaine législature, elle a réaffirmé vouloir qu'un tiers des excédents budgétaires soient consacrés aux investissements d'infrastructure.

Elle a également défendu le choix d'une grande ville comme Hambourg pour la tenue du récent sommet du G20, en dépit des critiques dont elle fait l'objet suite aux violentes manifestations en marge de la réunion. "Il était clair que cela devait se tenir dans une grande agglomération", a-t-elle déclaré.

ATS