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Le suicide d'un retraité grec devant le Parlement mercredi est devenu en moins de 24 heures le symbole des souffrances causées par la politique d'austérité imposée à la Grèce par ses bailleurs de fonds internationaux. L'endroit où il a mis fin à ses jours s'est transformé en lieu de pèlerinage.

Le lieu du drame, un carré de pelouse de la place Syntagma d'Athènes, n'en finissait pas jeudi de se couvrir de messages, fleurs, bougies et d'attirer de nombreux Grecs attristés ou révoltés.

Simple feuille arrachée d'un carnet ou pancarte grand format, les messages expriment douleur et indignation: "ce n'est pas un suicide, c'est un crime d'Etat", "tué par la dictature des créanciers", "peuple, réveille-toi, aux armes".

Le mot "révolution" souvent évoqué

L'appel à l'action est relayé par de nombreuses personnes présentes comme Ioanna Konstantinidi, une étudiante: "Il faut que les gens réalisent ce qu'il se passe (...) et que c'est une révolution qu'il nous faut pour tout changer dans ce pays".

Le pharmacien à la retraite de 77 ans s'est tiré une balle dans la tête mercredi matin sous les yeux des passants sur la place Syntagma, lieu emblématique des manifestations qui secouent le pays depuis le début de la crise en 2010.

"Je n'en peux plus"

Dans une lettre manuscrite retrouvée sur son corps, l'homme accuse le gouvernement grec de l'avoir privé de ressources, l'assimilant à l'exécutif mis en place par les occupants nazis en 1941. Il y met également en cause la classe politique et les milieux financiers. "Je préfère choisir une fin digne, plutôt que fouiller dans les poubelles à la recherche de ma subsistance", a-t-il écrit.

D'après des témoins, il a crié "j'ai des dettes, je n'en peux plus", avant de passer à l'acte. Le suicide hautement symbolique de ce pharmacien a aussitôt déclenché une vague de sympathie dans le pays.

D'après les dernières statistiques, le taux de suicide a bondi de 18% en 2010 en Grèce par rapport à 2009. En 2011, le nombre de personnes qui sont passées à l'acte à Athènes a augmenté de 25%.

ATS