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Fabrice A. a porté les mêmes vêtements durant tout son procès, un T-shirt couleur turquoise, un bas de survêtement et des baskets.

KEYSTONE/FREDERIC BOTT

(sda-ats)

Le Tribunal criminel de Genève a condamné mercredi Fabrice A. à la prison à vie, assortie d'une mesure d'internement ordinaire, pour l'assassinat d'Adeline, commis en septembre 2013. Le Ministère public et la famille de la victime avaient demandé un internement à vie.

Les juges n'ont pas voulu prendre cette mesure extrême à l'encontre de Fabrice A., estimant que l'accusé, malgré ses antécédents très lourds, ne pouvait pas être considéré comme inguérissable à jamais. Pour arrêter leur conviction, ils se sont appuyés sur les rapports des experts qui se sont penchés sur le prévenu.

Les psychiatres qui ont analysé Fabrice A. ont dressé un portrait très sombre de lui et estimé que le risque qu'il récidive était très élevé. Ils n'ont toutefois jamais affirmé qu'il ne serait pas accessible à un traitement un jour, grâce, peut-être, à l'avancée des connaissances scientifiques.

Mesure suffisante

Le tribunal a considéré que l'internement ordinaire suffira à garantir la sécurité publique, face au danger que fait courir pour la société Fabrice A. et à la crainte qu'il ne commette d'autres infractions. La famille d'Adeline a pris acte du jugement et a annoncé qu'elle n'allait pas le contester en appel.

Le procureur général de Genève Olivier Jornot, de son côté, n'a pas voulu se déterminer par rapport un éventuel recours. Lors de ses réquisitions, il n'avait pas trop insisté pour obtenir l'internement à vie. S'adressant aux proches d'Adeline, il leur avait dit qu'un internement ordinaire ne devait pas être considéré comme un échec.

Quand le Tribunal criminel a refusé de prononcer l'internement à vie, une personne se trouvant dans la salle d'audience est sortie et a violemment claqué la porte derrière elle. Il faut dire que le crime de Fabrice A. avait déclenché une vague d'émotion et d'indignation à Genève et dans toute la Suisse.

Perfidie et machiavélisme

Le tribunal n'a pas manqué, dans son verdict, de relever l'acte odieux du prévenu. Ce dernier a tranché la gorge de sa victime après l'avoir attachée à un arbre. "Il a agi avec perfidie" en donnant de faux espoirs à Adeline, lui racontant qu'il voulait juste s'enfuir, alors qu'il savait pertinemment qu'il allait la tuer.

Le prévenu a commis ses actes pour réaliser son fantasme d'égorgement et assouvir sa pulsion de toute-puissance, a souligné le président du Tribunal criminel de Genève, Fabrice Roch. Sa façon d'agir a été monstrueuse et Adeline, une jeune mère de famille dévouée qui était la "gentillesse même", a vécu "l'horreur".

Selon les juges, le prévenu a mûri son coup pendant de longs mois. Il nourrissait son excitation en regardant une scène du film "Braveheart", dans laquelle une femme se fait égorger et s'imaginait à la place de l'acteur qui jouait le bourreau, avec Adeline à sa merci.

A la Pâquerette, où il suivait un programme de réinsertion pour détenus dangereux, Fabrice A. "a avancé ses pions petit à petit" afin de pouvoir tuer Adeline. Il a consulté des sites sur internet et fait des démarches pour obtenir un couteau lors de sa sortie accompagnée dans un centre équestre.

Il a fait preuve de machiavélisme et a exploité "les failles du système". Une fois qu'il a égorgé Adeline, Fabrice A. s'est enfui en direction de la Pologne en poursuivant "scrupuleusement ses plans" et en gardant son sang-froid. Il a montré le mépris le plus complet pour la vie de sa victime.

Il n'a pas tout dit

Fabrice A. a aussi persisté à mentir lors de la procédure et a rejeté ses fautes sur autrui, n'endossant jamais la responsabilité de ses actes. Il a minimisé la terreur qu'a ressentie Adeline lorsqu'elle a été attachée et égorgée. Il a toutefois avoué lors d'une audition avoir éprouvé un plaisir infini durant l'acte.

Malgré son enfance pas facile, le tribunal n'a retenu aucune circonstance atténuante en faveur de l'accusé. Ses antécédents extraordinaires ont également joué contre lui. Fabrice A. purgeait une peine cumulée de 20 de prison pour deux viols avec cruauté quand il a assassiné Adeline.

ATS

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