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Les signalements d'opérations suspectes ont triplé (ici, le Musée du Vatican)

KEYSTONE/EPA ANSA/ANGELO CARCONI

(sda-ats)

Le Vatican a annoncé jeudi avoir terminé de faire le ménage dans les comptes suspects de sa "banque", l'Institut pour les oeuvres de religion (IOR). Il en a fermé près de 5000 alors que le nombre de signalements d'opérations suspectes a triplé par rapport à 2014.

"Nous avons adopté une ligne très stricte envers tout compte qui ne respecterait pas" la législation vaticane, a déclaré Tommaso Di Ruzza, directeur de l'Autorité d'information financière (AIF) du Saint-Siège, en présentant à la presse le rapport 2015 de l'organisation.

"Désormais, cette procédure est terminée" et "un total de 4935 comptes ont été fermés", a-t-il ajouté en expliquant qu'il s'agissait d'un "nombre définitif".

L'AIF a été créée en 2010 par Benoît XVI pour pousser les institutions financières du Vatican à se conformer aux critères internationaux en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme.

Des signalements qui ont triplé

Jeudi, l'AIF a annoncé avoir reçu 544 signalements d'opérations financières suspectes en 2015, principalement de possibles évasions fiscales.

Cela représente plus du triple des 147 signalements de 2014, mais pour le président de l'AIF, René Brülhart, cette hausse est probablement due à une plus grande vigilance.

"Dans une procédure de ce type, on fixe des seuils de signalement bas pour aider à une prise de conscience. J'espère qu'en 2016 le nombre rentrera dans la normale. Evidemment, nous voudrions arriver au chiffre zéro, mais ce n'est pas réaliste", a-t-il expliqué en conférence de presse.

Après analyse, les 544 signalements ont abouti à 17 rapports remis en 2015 au parquet du Vatican sur des soupçons d'évasion ou de fraude fiscale, mais aussi au moins une tentative de déstabilisation de marché financier à l'étranger.

Des scandales retentissants

Dans le passé, l'OIR a eu parmi ses clients des figures de la mafia, à l'origine de plusieurs scandales retentissants dans les années 1980. Trente ans plus tard, le Vatican ne connaissait toujours pas l'identité de milliers de détenteurs de comptes, dont beaucoup n'avaient pas de lien apparent avec l'Eglise et ses activités caritatives.

En 2011, le Vatican avait aussi demandé à participer au processus d'évaluation de Moneyval. Cet organe du Conseil de l'Europe de lutte contre le blanchiment des capitaux a estimé dans un rapport en décembre que le Vatican avait remédié à la plupart de ses faiblesses structurelles, tout en appelant à une accélération des poursuites, le suivi des affaires n'ayant encore donné lieu à aucune inculpation.

ATS