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Cent ans plus tard, le village de Zimmerwald (BE) fait la paix avec son passé. Plus de 200 personnes ont commémoré samedi la rencontre de 1915 entre les dirigeants socialistes européens de l'époque. Les habitants ne voulaient plus rien en savoir des décennies durant.

Ceux qui attendaient les meneurs actuels de la gauche internationale dans la localité bernoise en sont toutefois restés pour leurs frais. Le président du PS Christian Levrat ou le politicien d'extrême-gauche allemand Gregor Gysi sont certes intervenus lors d'une manifestation du souvenir, mais à Berne. L'événement de Zimmerwald, tenu dans l'église, est demeuré modeste.

Du 5 au 8 septembre 1915, des douzaines de socialistes venus de toute l'Europe se rencontrent à Zimmerwald (BE). Parmi eux, Robert Grimm, figure du socialisme suisse, Lénine et Trotsky.

La conférence entre dirigeants vise à relancer le mouvement internationaliste, qui a éclaté avec le début de la Première Guerre mondiale. La réunion, organisée par Robert Grimm, est secrète. Les participants venus d'Etats belligérants se font passer pour des ornithologues en congrès. Les autorités suisses n'y accorderont quasiment pas d'attention.

Après quatre jours, un manifeste est rédigé par Trotsky. Il dénonce la guerre comme une barbarie directement produite par le capitalisme, le chauvinisme et le militarisme et appelle à tout faire pour lui mettre fin. Lénine, minoritaire, souhaite aller plus loin. Cette ligne dure conduira plus tard à la scission entre révolutionnaires et réformistes, communistes, socialistes et sociaux-démocrates.

Culte international

Zimmerwald devient ainsi un lieu de commémoration pour le socialisme internationaliste. Le village de paysans s'est toutefois opposé avec force durant des décennies à cet état de fait. Des demandes émanant du monde entier ont été rejetées sèchement. Les historiens suisses, qui s'enquéraient de certains documents, ont été traités comme des extrémistes.

En Union soviétique, le nom de Zimmerwald était connu par tous les petits écoliers. Sur certaines cartes d'Europe, le village bernois était le seul endroit mentionné en Suisse. Un véritable culte pour le lieu était entretenu. Durant la guerre froide, un flot de lettres et de demandes furent ainsi adressées au "maire de la ville de Zimmerwald" ou au "directeur du musée Lénine."

ATS