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Les écarts de revenus se creusent toujours en Suisse, a déploré lundi l'Union syndicale suisse (USS). Pour y remédier, elle dit non aux salaires avec bonus. Elle milite aussi pour un salaire minimal de 22 francs de l'heure et une hausse des aides pour les primes d'assurance maladie.

Le décalage entre les salaires s'est fortement accru, constate l'USS dans un rapport publié lundi. Entre 1994 et 2010, la hausse des rémunérations a été de 33% pour les plus élevées, de 9% pour les plus basses et de 7% pour celles qualifiées de moyennes.

Concrètement, le revenu d'une famille (2 adultes + 2 enfants) disposant d'un salaire élevé a augmenté de 15'000 francs entre 2000 et 2010, après déduction du renchérissement. Pour une famille comparable avec un bas revenu, la hausse n'était que de 1300 francs, contre 2900 francs pour celle touchant un revenu moyen.

Pire pour les célibataires

Pour ce type de famille, l'USS classe les salaires annuels ainsi: 67'000 francs (bas), 119'000 francs (moyen) et 228'000 francs (élevé).

Pour les salariés célibataires, la différence sur dix ans est encore plus flagrante: +23'700 francs (pour un revenu très élevé), +6900 francs (revenu élevé), -300 francs (revenu moyen) et -1300 francs pour un bas revenu. Pour cette catégorie, l'USS catalogue les salaires ainsi: 47'000 francs pas an (bas), 72'000 francs (moyen), 130'000 francs (élevé) et 280'000 francs (très élevé).

Politique fiscale critiquée

Pour Daniel Lampart, économiste en chef et premier secrétaire de l'USS, plusieurs facteurs expliquent cette évolution. "Les hauts salaires ont beaucoup plus augmenté que les autres. S'y ajoute une politique fiscale favorable aux couches supérieures de la société", a-t-il déclaré.

En revanche, les bas et moyens revenus voient leur charge fortement s'alourdir à cause des primes des caisses maladie et des loyers, constate-t-il.

Cette évolution négative des salaires n'est pas "une loi de la nature mais découle de décisions politiques", a signalé Paul Rechsteiner, président de l'USS.

ATS