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En 2007, les Neuchâtelois avaient accordé l'éligibilité communale aux étrangers, mais avaient déjà refusé de leur octroyer l'éligibilité cantonale. (photo symbolique)

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Les étrangers ne pourront pas siéger au gouvernement ou au parlement du canton de Neuchâtel. La population a refusé d'accorder l'éligibilité aux détenteurs d'un permis C établis depuis au moins cinq ans dans le canton. C'eût été une première en Suisse.

Si le projet avait passé, les quelque 23'000 personnes concernées auraient pu à l'avenir se porter candidates au Conseil d'Etat ou au Grand Conseil, voire au Conseil des Etats. Mais les Neuchâtelois ont refusé dimanche en votation de modifier la constitution cantonale en ce sens, par 54,04% des voix. La participation était de 38,13%.

La gauche avait déposé ce projet en 2015. Selon ses partisans, cet élargissement des droits civiques allait favoriser le sentiment d'appartenance, de responsabilité et d'intégration des étrangers par rapport à leur canton de domicile.

Le Conseil d'Etat y était favorable, de même que la majorité du Grand Conseil. Du côté des opposants, l'UDC et la majorité du PLR jugeaient que les étrangers souhaitant briguer une fonction cantonale devaient passer par la naturalisation.

Tradition d'intégration

Les partisans du projet y voyaient une suite logique dans la longue tradition neuchâteloise d'intégration. C'est déjà le seul canton de Suisse, avec le Jura, à octroyer le droit de vote au niveau cantonal (depuis 2001).

Et il fait partie des quatre cantons qui accordent aux étrangers aussi bien l'éligibilité communale que le droit de vote communal. Les autres sont le Jura, Vaud et Fribourg.

Le canton de Genève donne lui aussi le droit de vote communal, mais pas l'éligibilité. Et en Suisse alémanique, trois cantons autorisent leurs communes à introduire le droit de vote pour les étrangers: Appenzell Rhodes-Extérieures, les Grisons et Bâle-Ville.

2e refus

Les Neuchâtelois avaient accepté l'éligibilité communale des étrangers lors d'une votation en 2007, mais n'avaient pas accepté d'aller jusqu'à leur accorder l'éligibilité cantonale. Moins d'une décennie plus tard, ils viennent de confirmer ce choix.

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