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Selon l'analyse Vox, deux tiers des Suisses donneraient la priorité aux accords bilatéraux avec l'UE sur la mise en oeuvre de l'initiative sur l'immigration de masse (archives).

KEYSTONE/WALTER BIERI

(sda-ats)

S'ils devaient choisir entre les accords bilatéraux et la mise en oeuvre de l'initiative UDC contre l'immigration de masse, deux tiers des Suisses choisiraient les premiers. C'est le résultat de l'analyse Vox sur les votations fédérales du 28 février.

Après le large refus du peuple à l'initiative de mise en oeuvre "Pour le renvoi effectif des criminels étrangers", le département de science politique de l'Université de Genève a posé une question supplémentaire sur la thématique de l'immigration et des accords bilatéraux. Ils partent de l'idée que le peuple devra sans doute se prononcer une nouvelle fois entre la mise en oeuvre de l'initiative contre l'immigration de masse et le maintien de la voie bilatérale.

Les résultats montrent un fort soutien pour le maintien des accords bilatéraux dans les trois régions linguistiques. Ils sont 66% en Suisse alémanique, 69% en Suisse romande et 57% au Tessin à leur donner la priorité.

Fort soutien au PS mais aussi au PLR et au PDC

Ce soutien est particulièrement fort au sein de l'électorat de gauche (plus de 90%), tandis que les sympathisants du PLR et du PDC manifestent une préférence légèrement en retrait (80%). En revanche, les proches de l'UDC accordent à plus de 80% la priorité à la mise en oeuvre de leur texte accepté le 9 février 2014 (50,3% des voix).

Parmi les personnes qui ont voté pour il y a deux ans, une proportion non négligeable de 30 à 40% opterait pour le maintien des accords bilatéraux plutôt que pour la mise en oeuvre. Cette forte proportion pourrait s'avérer décisive en cas de nouveau vote populaire, estime l'équipe d'analystes dirigée par Pascal Sciarini.

La mobilisation a joué un rôle

Pour les votations du 28 février, l'initiative de mise en oeuvre "Pour le renvoi effectif des criminels étrangers", rejeté par 58,9% des voix, et le Gothard ont contribué à la forte mobilisation des citoyens. La participation s'est élevée à 63,1%, soit la plus élevée depuis la votation sur l'Espace économique européen du 6 décembre 1992 (78%).

Elle s'est notamment avérée très élevée dans les milieux ayant une formation supérieure (HES, université ou EPF), opposés au texte UDC. Ceux-ci ont pleinement répondu aux appels à la mobilisation lancés par divers groupes de personnalités politiques et de notables, selon l'étude.

Mais les opposants au texte n'ont pas gagné grâce aux habituels abstentionnistes. Ceux-ci ont même voté plutôt pour l'initiative, tandis que les citoyens qui participent régulièrement ou souvent aux votations fédérales ont voté contre.

En outre, hommes et femmes, jeunes et moins jeunes ont tous rejeté l'initiative dans des proportions similaires. Tout au plus observe-t-on un taux de rejet plus élevé chez les 50-59 ans et un non plus soutenu dans les régions rurales.

Régler la fiscalité des couples mariés

Quant à l'initiative "Pour le couple et la famille - Non à la pénalisation du mariage", rejetée de justesse par 50,8% des voix, elle ne devrait pas rester sans suite. Les citoyens, qu'ils aient voté oui ou non, ont tous été sensibles à l'argument selon lequel les couples mariés sont pénalisés au niveau fiscal. Ce résultat montre un large consensus pour que cette inégalité de traitement soit éliminée.

Le deuxième tube routier du Gothard, accepté par 57%, a bénéficié d'une large coalition, ralliant le PDC, le PLR, l'UDC et les sans partis. Le taux d'acceptation est le plus élevé parmi les jeunes de 18 à 29 ans. La sécurité a fait mouche chez deux tiers des votants.

L'argument selon lequel "malgré la promesse du Conseil fédéral, la deuxième voie de chaque tube sera tôt ou tard ouverte à la circulation" est plébiscité par l'ensemble des votants, qu'ils aient voté "oui" ou "non". Les partisans n'ont pas laissé place au doute ou seraient même favorables à une augmentation de la capacité de transit.

Enfin, l'initiative contre la spéculation sur les denrées alimentaires, rejetée par 59,9% des voix, a surtout été influencée par le clivage gauche-droite. La lutte contre la faim dans le monde poursuivi par les initiants est passée largement inaperçue.

L’Institut de recherche gfs.bern a réalisé le sondage durant les deux semaines qui ont suivi la votation. Il a interrogé par téléphone 1509 personnes ayant le droit de vote dans toute la Suisse. La marge d’erreur pour l’ensemble des sondés se situe à +/-2,6 pour cent. L'analyse des données a été effectuée par l'Université de Genève.

ATS