Une importante foule a défilé dans le centre d'Alger pour un 13e vendredi consécutif de manifestations dans le pays. La fatigue liée au mois de jeûne du ramadan n'a pas entamé la mobilisation.

Difficile à évaluer en l'absence de comptage officiel, celle-ci semblait à Alger peu ou prou comparable à celles des semaines précédentes.

Des foules nombreuses ont marché également à Oran et Constantine, 2e et 3e villes du pays, mais aussi à Béjaia, Tizi Ouzou et Bouira, dans la région de Kabylie (nord), à Tiaret, Relizane, Mostaganem et Mascara (entre 200 et 300 au sud-ouest d'Alger), à Mila et Jijel (à 285 km et 350 à l'est), selon le site d'information TSA (Tout sur l'Algérie).

Parvis reconquis

Déployée en nombre depuis le début de la matinée dans la capitale, la police a lutté plusieurs heures pour interdire l'accès au parvis et aux marches de la Grande Poste, lieu de ralliement de la contestation dans la capitale depuis le début du mouvement le 22 février. "Honte à vous policiers", criaient les manifestants, dans une ambiance tendue, marquée par quelques bousculades mais sans heurts sérieux.

Les pulvérisations de gaz lacrymogène n'ont pas suffi à éloigner et dissuader les manifestants et les policiers en tenue anti-émeutes ont finalement dû céder sous la pression croissante d'une foule de plus en plus nombreuse et déterminée à reprendre ce "territoire" symbolique de la contestation, selon un journaliste de l'AFP.

Les policiers ont finalement quitté les lieux sous les sifflets de la foule. La wilaya (préfecture d'Alger) a justifié l'interdiction pour des raisons de sécurité, affirmant qu'une expertise avait révélé des faiblesses structurelles dans l'escalier du parvis.

Une dizaine de personnes ont été secourues par des volontaires, la plupart victimes de malaises dus à la chaleur et au jeûne, selon un photographe de l'AFP.

"Pas d'Etat militaire"

Des barrages filtrants ont par ailleurs été installés dès la matinée par les forces de l'ordre sur certains axes routiers menant à Alger, a raconté à l'AFP Ali, commerçant venu de Bordj Menael, à 60 km à l'est de la capitale.

"Non aux élections" prévues le 4 juillet pour élire un successeur au président Abdelaziz Bouteflika, peut-on lire sur certaines pancartes. Après 20 ans à la tête de l'Algérie, l'ancien chef de l'Etat a été contraint de démissionner le 2 avril sous les pressions conjuguées du mouvement inédit de contestation et de l'armée.

Les manifestants demandent avant tout scrutin le départ de toutes les figures associées à M. Bouteflika, en tête desquelles le président par interim Abdelkader Bensalah et le Premier ministre Noureddine Bedoui, deux apparatchiks, mais aussi le général Gaïd Salah, au bénéfice de structures ad hoc pour gérer la transition.

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