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Selon Belkis Osman, il est important de recourir aussi à des aumônières.

KEYSTONE/PASCAL BLOCH

(sda-ats)

Le recours à des aumôniers musulmans au sein des centres fédéraux pour requérants d'asile a des effets positifs, constate la Confédération suite à un projet pilote. Une formation spécifique est toutefois nécessaire, car il y a trop peu de personnes qualifiées.

Les aumôniers font office d'intermédiaires entre la culture du pays de provenance et celle de la Suisse, ce sont des bâtisseurs de ponts, a dit vendredi à Berne Hansjörg Schmid, professeur au Centre Suisse Islam et Société de l'Université de Fribourg. Il présentait les résultats du projet élaboré par le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) et mené à Zurich depuis le 1er juillet 2016.

"Je me sens moi-même enfin intégrée et peux mettre à disposition ma biculturalité à la fois au bénéfice des requérants et de la population résidante", a témoigné Belkis Osman, vice-présidente de l'Association des organisations islamiques de Zurich (VIOZ). D'origine turque, elle a grandi en Suisse et est l'une des trois aumôniers qui ont participé au projet pilote.

Dialogue interreligieux

Ceux-ci ont collaboré au quotidien avec leurs homologues chrétiens, une coopération qui a porté ses fruits. Le dialogue interreligieux permet d'éviter les conflits et contribue à une meilleure atmosphère entre requérants d'asile. Vivre dans ces centres est propice aux tensions, souligne Simon Röthlisberger, responsable de la migration auprès de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS).

Selon Belkis Osman, il n'y a pas de concurrence entre aumôniers chrétiens et musulmans, mais un réel échange. Ce soutien mutuel est nécessaire et joue un rôle préventif, a résumé David Keller, chef de la Division Centre d'enregistrement et de procédure au SEM. Grâce à leurs compétences, les aumôniers peuvent contribuer à prévenir la radicalisation.

Facteur d'intégration

L'offre d'aumônerie musulmane permet de promouvoir un islam humaniste et ouvert, compatible avec un État séculaire et une société plurielle telle que la Suisse. Les professionnels peuvent rectifier certains préjugés et clarifier des malentendus.

Près de 80% des requérants d'asile, issus de 20 pays, qui ont participé au projet sont musulmans. Leurs préoccupations sont toutefois très diverses, selon le professeur Schmid. La religion n'apparaît pas au premier plan. Les aumôniers doivent répondre à des questions liées à la culture, la vie en société et familiale. Ils servent souvent d'oreille attentive et apportent un soutien psychologique.

Les demandeurs d'asile ont vécu des événements traumatisants et aspirent à une vie normale, raconte Belkis Osman. Une discussion "banale", une balade ou une aide pour faire les courses suffisent parfois. Les aumôniers jouent ainsi un rôle important d'intégration.

Améliorer la formation

Un aumônier doit donc être polyvalent et remplir de nombreux critères. Or, trouver des personnes qualifiées est difficile, explique David Keller. Afin de pallier cette lacune, il est nécessaire d'investir dans une formation axée sur l'aumônerie, le rapport entre l'Église et l'État ainsi que le dialogue interreligieux. La filière serait ouverte aux aumôniers tant chrétiens que musulmans, suggère le SEM.

Autre constat: l'importance de la présence d'aumônières. Les femmes se sentent souvent moins libres de se déplacer dans un pays étranger et ont besoin d'un soutien, explique Belkis Osman qui était la seule aumônière femme. Les jeunes méritent eux aussi une attention particulière.

Mais il n'existe pas de solution de financement pour l'instant. Aucune base légale ne permet à la Confédération d'assumer les coûts. Le SEM estime que le recours à des aumôniers musulmans dans tous les centres fédéraux du pays coûterait 1 million de francs par an.

Les aumôniers chrétiens sont payés par les Eglises nationales. Les organisations musulmanes ne sont, elles, pas en mesure d'assurer le financement d'une telle formation. Un réel partenaire pour l'aumônerie musulmane fait donc défaut. Pour l'instant, la VIOZ, l'Union Vaudoise des Associations Musulmanes et la Fédération d'organisations islamiques de Suisse constituent les meilleurs espoirs.

Le projet pilote se poursuit jusqu'en juin à Zurich. Par la suite, les aumôniers travailleront bénévolement.

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ATS