Toute l'actu en bref

Le scrutin historique de Moutier devrait clore la Question jurassienne. (KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Les mouvements de lutte engagés dans la Question jurassienne envisagent différemment leur avenir après le vote de Moutier. L'antiséparatiste Force démocratique pense dissolution. Le Mouvement autonomiste jurassien veut continuer à s'engager pour l'unité du Jura.

"Le MAJ ne peut pas rester insensible au fait que la moitié du pays jurassien est dans le canton de Berne", relève son secrétaire général Pierre-André Comte, ajoutant que le mouvement est patient. Dans ses statuts, le MAJ indique qu'il lutte pour l'indépendance du Jura sur l'ensemble de son territoire historique.

Actuellement une commission du MAJ étudie les différentes pistes sur l'avenir de ce mouvement né de la fusion du Rassemblement jurassien (RJ) et d'Unité jurassienne en 1994. Une assemblée des délégués doit se pencher en novembre sur le renouvellement du MAJ. "Notre génération a fait son temps", explique Pierre-André Comte qui plaide en faveur d'un regard neuf à la tête du mouvement.

Le groupe Bélier n'entend pas non plus disparaître de la scène. "La Question jurassienne ne sera pas enterrée après le vote de Moutier le 18 juin", explique son animateur Clément Piquerez. "La lutte n'est pas finie", souligne le jeune autonomiste.

Si le non devait l'emporter le 18 juin, le groupe Bélier reconnaît qu'il s'agirait d'un coup d'arrêt à sa lutte pour la réunification. Il poursuivrait alors son engagement d'une façon différente et moins active. En cas de oui, il profiterait de l'élan pour convaincre d'autres communes à rejoindre le Jura.

Dissolution programmée

Dans le camp adverse, le mouvement Force démocratique (FD) a déjà entamé sa réflexion. "Si le non l'emporte le 18 juin avec une bonne marge pour éviter des recours, alors Force démocratique procédera à sa dissolution", déclare son président, l'ancien conseiller national Jean-Pierre Graber.

Après 43 ans d'existence, ce mouvement de lutte pourrait disparaître fin 2017 ou début 2018. Ce scénario pourrait aussi se concrétiser en cas de oui pour autant que le Gouvernement jurassien et le Conseil-exécutif bernois déclarent close la Question jurassienne.

Une période d'incertitude liée à d'éventuels recours du camp autonomiste pourrait prolonger l'existence de ce mouvement de lutte né lors des plébiscites des années septante.

Le mouvement de jeunesse pro-bernois Sanglier n'entend pas se dissoudre car il dit ne pas faire confiance à ses adversaires. Mais il mettra ses activités en veilleuse après le 18 juin quel que soit le résultat des urnes. "Nous pourrions nous transformer en une sorte d'amicale en gardant un caractère festif", explique l'un de ses membres.

ATS

 Toute l'actu en bref