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Malgré les pressions et les bouleversements dans leur métier, les journalistes sont majoritairement satisfaits (image symbolique).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Heures de travail en hausse, pressions commerciales, moins de liberté personnelle, salaires qui stagnent: les conditions de travail des journalistes se détériorent en Suisse. Malgré tout, la majorité s'estime satisfaite de faire ce métier, révèle un sondage.

Trois-quarts des journalistes sondés continueraient à recommander leur métier. Ce constat surprend, car les conditions de travail au sein des rédactions sont considérées comme étant de plus en plus précaires, indique l'Institut des sciences médiatiques appliquées de Zurich à l'occasion de la publication du sondage mardi.

Les journalistes doivent travailler toujours plus. Mais ils ont de moins en moins de temps pour approfondir leurs recherches sur un sujet, selon 54% des sondés.

Rayon salaire, leurs revenus n'ont quasiment pas évolué ces dernières années. Ils se montent en moyenne à 6000 francs par mois. Les femmes sont toujours surreprésentées parmi les bas salaires. Les Alémaniques gagnent un peu mieux.

D'une manière générale, les facteurs de contrainte pour effectuer le travail se trouvent plutôt à l'intérieur même des rédactions. Les sondés constatent une augmentation des pressions commerciales: l'obligation de rendement (78%), les considérations publicitaires (72%) ou la pression en vue de trouver le "scoop" (69%). Quatre personnes sur cinq estiment toutefois avoir une grande liberté dans leur recherche de sujets.

Changements techniques

Une proportion importante des personnes interrogées (46%) fait toujours confiance aux médias en tant que tels. Mais elle manifeste aussi une profonde inquiétude quant à la réputation de la branche.

Dans un monde des médias en plein bouleversement, le plus grand changement concerne les outils à disposition. Les méthodes de recherche (91%) et les compétences techniques (88%), avec l'avènement du multimédia, sont largement citées. Le journaliste multimédia de l'ère de la "newsroom", actif sur plusieurs canaux médiatiques à la fois, représente désormais un tiers des sondés.

L'éthique professionnelle et la déontologie restent importantes pour une très large majorité (91%). Ce qui n'empêche pas cette majorité de considérer comme légitime d'avoir recours à des caméras ou micros cachés (64%) ou d'exploiter sans autorisation des documents confidentiels de gouvernements ou d'entreprises (70%), si le contexte le justifie.

Observateur neutre

Mais malgré ces bouleversements, le rôle du journaliste n'a pas changé, aux yeux de la majorité de la profession. Le journaliste suisse moyen se considère avant tout comme un reporter neutre (94%), un observateur qui prend de la distance (83%) et qui fournit une analyse des événements (84%).

Seule une minorité (20%) considère que son rôle consiste à influencer l'agenda politique, à militer pour le changement social (22%), ou à se positionner comme adversaire du gouvernement (22%). Cette vision plus engagée du métier est plus répandue en Suisse romande.

Méfiance face aux politiques

Le Conseil fédéral (47%), le système judiciaire (60%) ou la police (48%) inspirent globalement confiance. Mais la profession se méfie largement des politiciens et des partis ( seulement 7% et 6% d'indice de confiance).

Pour ce sondage, 909 professionnels des médias ont été interrogés en ligne. Ils sont issus de plus de 200 rédactions, toutes régions linguistiques, tous types de médias et tous échelons hiérarchiques confondus. L'enquête a été effectuée en collaboration avec l'Université de Neuchâtel et financée par le Fonds national suisse.

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