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Les craintes envers le tournant numérique sont infondées

L'éducation est essentielle pour éviter les pertes d'emploi liées à la technologie. Les compétences nécessaires à ces évolutions doivent être enseignées dès le plus jeune âge, selon un rapport de la Banque mondiale (photo symbolique).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

La peur de voir la technologie mettre au chômage de larges pans de la population est infondée, selon un rapport de la Banque mondiale. Il faut toutefois investir dans le capital humain, par l'éducation et par un système social de qualité, pour éviter toute dérive.

Cette peur vient notamment du fait que la plupart des données analysées jusque-là proviennent des Etats-Unis et du Royaume-Uni effectivement confrontés à ce problème. La Banque mondiale a voulu aller plus loin et a analysé des données à l'échelle mondiale pour son rapport "The changing nature of work" (le changement de la nature du travail), publié jeudi.

Et selon ce rapport, en Europe continentale, dont la Suisse, la technologie n'a pas entraîné de perte d'emploi, tandis qu'en Asie de l'Est, elle a permis d'en créer. La situation est avant tout compliquée dans les pays anglo-saxons, souligne Simeon Djankov, codirecteur du rapport, lors d'une conférence de presse organisée par la Banque mondiale et le Secrétariat à l'économie (SECO) à Berne.

Manque de protection sociale

Deux raisons principales expliquent ces pertes d'emploi. Tout d'abord un manque de protection sociale qui ne donne pas l'opportunité à ceux qui ont perdu leur emploi d'acquérir les nouvelles compétences nécessaires pour retrouver du travail. Ensuite, le niveau d'éducation insuffisant pose une barrière à l'apprentissage de ces compétences.

En Suisse, la situation est très différente et des emplois sont créés grâce à la technologie et ce même dans le domaine industriel. La Suisse peut se reposer sur un meilleur système éducatif et social qui permet de mieux s'adapter aux évolutions technologiques. Le système d'apprentissage dual permet également d'ajuster rapidement la formation aux besoins du marché.

Au niveau politique, le Conseil fédéral est conscient des changements qui s'annoncent, précise Liliana de Sá Kirchknopf, collaboratrice au SECO. Il a notamment mis en place fin septembre un programme national de recherche sur la transformation numérique.

Capital humain essentiel

Mme de Sá Kirchknopf souligne par ailleurs l'importance du capital humain, dans lequel il faut investir. Le rapport de la Banque mondiale est d'ailleurs catégorique sur la question: le capital humain est essentiel pour la "survie économique".

Il met en avant l'importance de l'éducation dès le plus jeune âge afin d'offrir les compétences nécessaires pour les évolutions futures. La protection sociale doit aussi être fortement améliorée. Le rapport propose parmi les possibilités envisageables le revenu universel, bien que cela reste pour l'instant fiscalement prohibitif pour les pays en développement.

Pour que les Etats aient les moyens de mettre en place les mesures nécessaires, ils doivent garantir des recettes fiscales suffisantes, par exemple par le biais de taxes sur le CO2. Le rapport recommande également qu'ils luttent mieux contre l'évasion fiscale des entreprises. Selon le rapport, 50% des revenus à l'étranger des multinationales sont rapatriés dans une juridiction ayant un taux d'imposition inférieur à 5%.

Opportunités

Dans les pays en développement, la numérisation ouvre de nouvelles opportunités. Les particuliers et les entreprises n'ont désormais besoin que d'une bonne connexion internet pour pouvoir échanger des biens et des services, note le rapport. Les services financiers disponibles sur téléphone portables ont notamment facilité l'accès au financement pour des millions de personnes.

Huit personnes sur dix dans les pays en développement travaillent sans prestations sociales et six sur dix travaillent dans le secteur informel sans assurance. Grâce aux échanges numériques, il est possible de mieux inclure ces travailleurs. C'est par exemple le cas au Kenya, où ceux-ci peuvent financer leurs assurances sociales par le biais de la consommation. Sur chaque dollar dépensé, deux centimes partent pour les assurances sociales, une somme doublée par le gouvernement.

http://www.worldbank.org/en/publication/wdr2019

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