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Le contexte du référendum constitutionnel de mai dernier a contribué à la poursuite de la répression contre les opposants et des violations (archives).

KEYSTONE/AP/BERTHIER MUGIRANEZA

(sda-ats)

Les violations constitutives de "crimes contre l'humanité" se sont poursuivies en 2018 au Burundi. Dans son rapport publié mercredi à Genève, la Commission d'enquête indépendante de l'ONU est inquiète d'une possible augmentation des abus avant les élections de 2020.

L'instance a établi une liste de responsables présumés de crimes contre l'humanité qui pourra être relayée auprès de juridictions. "Pour des raisons de confidentialité" afin de garantir des procès équitables, celle-ci ne peut être divulguée, a insisté devant la presse son président Doudou Diène. Ni le nombre de personnes qui sont mentionnées.

Dans son rapport final, la Commission dénonce à nouveau des exécutions sommaires, des arrestations et des détentions arbitraires, des actes de torture, des disparitions forcées, des violences sexuelles et d'autres abus. "Certaines pratiques tendent à les rendre moins visibles", affirme M. Diène.

Mais malgré des disparitions de cadavres ou des actions qui ne sont plus forcément menées de jour, les violences "n'en sont pas moins réelles", ajoute-t-il. Le président Pierre Nkurunziza, dont la volonté de briguer un nouveau mandat avait provoqué les tensions en 2015, est, pour sa part, accusé d'avoir incité à la violence.

Activité récente par le Conseil de sécurité

La Commission répète que les opposants ont été particulièrement ciblés durant la période du référendum constitutionnel de mai dernier. Et au début de la campagne pour les élections, auxquelles Pierre Nkurunziza a dit qu'il ne se souhaitait pas se présenter.

Un scrutin qui inquiète le président de la Commission tant ce contexte est favorable à des abus. "Le Burundi entre dans une phase historique" qui va décider de la persistance ou non des violations et cette période demande "une vigilance plus grande de la communauté internationale", dit-il. Le Conseil de sécurité de l'ONU s'était récemment inquiété de la situation des droits de l'homme dans ce pays.

Au total, sans avoir accès au pays et sans facilitation du gouvernement burundais pour ses travaux, la Commission a, elle, rassemblé environ 900 témoignages de victimes de violations des droits de l'homme. Et les forces de sécurité restent mises en cause.

Mais comme l'instance l'avait mentionné en juin dernier, les milices de jeunes proches du pouvoir ont un rôle grandissant dans ces abus, avec la complicité et l'approbation des autorités. En raison de ce soutien, leurs actes "sont attribuables à l'Etat", estime une autre membre de la Commission, Françoise Hampson qui dit que les conditions d'un retour de toutes les centaines de milliers de réfugiés ne sont pas garanties.

Appel au Conseil des droits de l'homme

L'instance demande au gouvernement de poursuivre les fonctionnaires et les miliciens impliqués. Mais les abus ont été perpétrés dans un climat d'impunité qui se poursuit. "Le système judiciaire burundais n'a ni la volonté ni la capacité d'établir les responsabilités", conclut M. Diène.

Autre difficulté: cet environnement a contribué à l'appauvrissement de la population. "Le Burundi est redevenu un pays d'urgence humanitaire" et les citoyens ont besoin de plus en plus d'une assistance en termes d'alimentation, de santé ou d'eau, explique une autre membre de la Commission, Lucy Asuagbor.

Les violences liées au contexte électoral en 2015 au Burundi auraient fait au moins 1200 tués et plus de 400'000 réfugiés, selon la Cour pénale internationale (CPI). Des spécialistes internationaux avaient obtenu il y a quelques mois un accès avant de devoir quitter le territoire quelques semaines plus tard.

La Commission demande au Conseil des droits de l'homme de prolonger son mandat pour une année supplémentaire lors de sa session qui débute lundi prochain. Une requête soutenue récemment par près de 40 ONG internationales. "Il est d'autant plus important de poursuivre ce travail que le Burundi se prépare" aux élections de 2020, dit M. Diène.

"Ce qui donne d'ores et déjà lieu à des abus et à des violations des droits de l'homme", selon lui. Et la Cour pénale internationale (CPI) ne pourra pas se prononcer sur les abus perpétrés après le retrait en 2017 du Burundi du statut qui l'organise.

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ATS