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Les déclarations à la douane devraient être facilitées à l'avenir (archives).

KEYSTONE/GEORGIOS KEFALAS

(sda-ats)

Les Suisses pourront à l'avenir déclarer leur marchandises à la douane via leur smartphone. Le Conseil fédéral propose un vaste programme de numérisation de l'Administration fédérale des douanes, qui profiterait aussi à l'économie. Coût de l'opération: 400 millions.

Le projet porte le doux nom de "DaziT", inspiré du terme romanche pour la douane "dazi". Il devrait être mis en place entre 2018 et 2026. Le Parlement doit encore se prononcer, sur la base du message publié jeudi.

Près de 750'000 personnes, 350'000 voitures de tourisme et 20'000 camions franchissent chaque jour la frontière suisse. Les travaux administratifs ordinaires accaparent aujourd'hui de précieuses ressources à l'Administration fédérale des douanes (AFD).

Or celles-ci pourraient être utilisées pour renforcer les contrôles dans le trafic des marchandises et mieux gérer les situations extraordinaires liées à la circulation des personnes ou la migration.

Le programme de numérisation devrait permettre de franchir ce pas. A partir de 2023, grâce à une hausse de la productivité de l'ordre de 20%, les coûts administratifs de l'AFD pourront être abaissés.

24/24 heures

La population gagnera aussi au change. Les voyageurs qui achètent des biens à l'étranger pour les importer en Suisse pourront les déclarer à la douane par Internet, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. Ils pourront remplir leurs déclarations avant d'entrer en Suisse et mettre ainsi à profit le temps d'attente à l'aéroport ou dans les bouchons.

L'économie n'est pas en reste. La numérisation systématique et l'utilisation d'outils informatiques modernes simplifieront et accéléreront les processus. Les milieux économiques verront ainsi diminuer leur charge administrative et leurs coûts réglementaires.

Les clients de la douane auront constamment accès à leurs dossiers et ne devront créer qu'un seul compte pour leurs divers contacts avec l'AFD. La solution informatique sera en outre compatible avec celle de l'Union européenne (UE), avec qui la Suisse réalise environ 60% de ses transactions dans le domaine du commerce extérieur de marchandises.

Moins de charges

La charge administrative liée aux procédures douanières est estimée à 479 millions de francs par an. Dans le seul domaine du trafic transfrontalier des marchandises, DaziT devrait permettre à l'économie d'épargner quelque 125 millions de francs par année.

Le crédit de 400 millions demandé par le Conseil fédéral comprend sept crédits d'engagement pour un total de 315 millions ainsi que 78 millions destinés à couvrir les coûts d'exploitation supplémentaires liés à la mise en oeuvre.

Sept projets

La division du programme en sept volets permettra d'influer constamment sur sa poursuite. Le volet A (33,5 millions) porte sur le pilotage. Le projet B (68,9 millions) sur la mise en place des bases techniques. La création d'un portail électronique est devisée à 43,5 millions et la refonte de la gestion du trafic de marchandises à 66,1 millions.

Le projet E (57,7 millions) vise la refonte de la perception des redevances. La numérisation des processus transversaux internes à l'administration est devisée à 62 millions. Enfin 29,6 millions devraient servir à l'amélioration de l'engagement à la frontière et des contrôles effectués par les gardes-frontière, les sections antifraude et la douane civile.

Besoin en personnel

Avec 4900 collaborateurs, l'AFD exécute toutes les tâches liées au franchissement de la frontière par des marchandises ou des personnes. Ses recettes s'élevaient à 21,5 milliards en 2015, soit près du tiers de celles de la Confédération.

La mise en oeuvre de DaziT nécessitera du personnel supplémentaire de 2018 à 2026: entre 34 et 59 emplois à plein temps suivant les années. L'AFD pourra mettre à disposition 13 personnes. Il faudra ajouter entre 3 et 17 postes à l'interne, 18 et 29 personnes devront être mandatées à l'externe.

ATS

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