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Les députés irakiens se sont insultés et jeté des bouteilles d'eau mercredi au cours d'une séance d'urgence au Parlement, ont rapporté des élus. Cette séance était consacrée aux blocages sur la nomination d'un nouveau gouvernement.

Les tensions menacent de dégénérer en crise politique si le Premier ministre Haider al-Abadi ne parvient pas à trouver un compromis avec les grands partis, déterminés à maintenir leur contrôle sur les postes clés du gouvernement.

Pour le soutenir, plusieurs dizaines de députés ont observé un sit-in au Parlement dans la nuit de mardi à mercredi, après le report à jeudi d'un vote sur une nouvelle liste gouvernementale.

M. Abadi souhaite depuis des semaines remplacer le gouvernement actuel, formé de politiciens, par un cabinet composé de technocrates qui seraient plus à mêmes, selon lui, de mettre en oeuvre les réformes anticorruption adoptées en 2015 dans la foulée de grandes manifestations populaires contre l'incurie et le clientélisme de la classe politique. M. Abadi se heurte toutefois à une farouche résistance des partis - y compris du sien - à adopter des réformes les privant de leurs privilèges.

Sit-in dans la nuit

Le Premier ministre avait présenté le 31 mars au Parlement une liste de 13 candidats qui avait été rejetée. Mais les puissants blocs politiques ont par la suite proposé leurs propres candidats, remplaçant sur une nouvelle liste la plupart des noms suggérés par M. Abadi.

Des députés ont demandé sans succès à pouvoir voter sur la liste proposée au départ par le Premier ministre.

A la fin de la séance mardi, des élus ont scandé: "Le peuple veut la chute des quotas" politiques, selon des images tournées au Parlement, rappelant les slogans du Printemps arabe réclamant "la chute du régime". Ils ont ensuite entamé leur sit-in.

Affaiblir Abadi

Ils dénoncent le système de distribution des postes au gouvernement selon les affiliations politiques plutôt que les compétences, un système qui a notamment transformé les ministères en fiefs partisans. "Les blocs et les partis ne veulent pas renoncer à leurs privilèges et leurs ministères", a dénoncé le député chiite Hassan Salem.

Ces tensions affaiblissent M. Abadi, qui dirige le gouvernement depuis août 2014 après avoir succédé au contesté Nouri al-Maliki, du même parti Dawa. Ce chiite a passé des années en exil avant de rentrer en Irak après la chute de Saddam Hussein à la suite de l'intervention américaine de 2003.

"Le cirque au Parlement a été provoqué par des proches de Maliki (...) Leur but est d'affaiblir et de discréditer Abadi", a indiqué Kirk Sowell, un expert basé en Jordanie qui publie Inside Iraqi Politics.

M. Abadi est aussi sous la pression de l'influent chef chiite Moqtada al-Sadr, dont les partisans ont récemment manifesté pendant une douzaine de jours à Bagdad pour réclamer un nouveau gouvernement qui serait à même d'adopter des réformes.

ATS