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Le Credit Suisse s'est retourné contre son ancien gestionnaire accusé d'escroquerie par métier, de faux dans les titres et de gestion déloyale aggravée (photo d'illustration).

KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

(sda-ats)

Le procès d'un ancien gestionnaire du Credit Suisse (CS) s'est ouvert lundi devant le Tribunal correctionnel de Genève. Le prévenu est accusé d'avoir détourné des dizaines de millions de francs. Il admet en grande partie les faits.

Le gestionnaire de 54 ans a notamment floué l'ex-premier ministre géorgien Bidzina Ivanishvili. L'accusé a puisé dans les comptes de l'oligarque pour mener des opérations spéculatives, ainsi que pour vendre ou acheter des titres sans l'autorisation du milliardaire. Ce dernier a ainsi été délesté de près de 150 millions de francs.

L'argent a servi principalement à masquer les pertes essuyées sur d'autres comptes dont le prévenu avait la responsabilité et qui appartenaient, eux, à des multimillionnaires russes. L'affaire implique une constellation de sociétés. Les détournements ont duré des années et se sont arrêtés en septembre 2015 avec l'arrestation du gestionnaire.

Qui va garder l'argent ?

Ce procès se déroule dans une configuration exceptionnelle, avec un accusé qui avoue et qui veut être jugé, et plusieurs parties plaignantes avec un statut hybride, qui ont reçu de l'argent détourné et qui veulent retarder au maximum le moment de le rendre, a résumé Vincent Jeanneret, l'avocat du Credit Suisse.

Le défenseur de Bidzina Ivanishvili, Maurice Harari, attend, de son côté, un geste de la banque dans "cet étrange procès". Pas un franc n'a été versé par le CS sur les comptes lésés, a-t-il fait remarquer. A ses yeux, "il n'y a qu'une chose à dire au Credit Suisse: il faut payer".

Simon Ntah, le conseil de l'accusé, a voulu pour sa part rappeler les limites du procès. Le Ministère public a retenu ce qui était pénal et il importe de juger le prévenu selon l'acte d'accusation. La question de savoir qui va se partager le butin est secondaire, a déclaré en substance l'avocat.

Le premier procureur Yves Bertossa est sur la même longueur d'onde. Rien n'empêche les parties plaignantes d'engager une procédure civile contre le Credit Suisse, a relevé le magistrat, soulignant que jusqu'à présent, la dizaine d'avocats impliqués dans cette affaire n'avaient rien fait dans ce sens.

La vie difficile de détenu

Le Tribunal correctionnel a commencé l'interrogatoire du prévenu lundi après-midi. L'ancien gestionnaire a notamment raconté son parcours. Après un début de carrière dans des sociétés d'audit à Lyon, il va à Moscou et devient, en 1993, directeur de la société Yves Rocher pour la Russie.

Il rencontre dans ce pays sa future femme et entre, en 2004, au Credit Suisse. "Je n'avais pas d'expérience en matière bancaire, mais j'ai eu dès 20 ans un goût pour les marchés". L'expérience de la prison, où il se trouve actuellement en exécution anticipée de peine, est pour lui traumatisante.

"C'est un univers dont je ne m'imaginais pas l'existence". Au-delà de 50 ans, un détenu est soupçonné d'être un pédophile. Certains individus violents menacent les autres, les intimident. Aujourd'hui, l'ancien gestionnaire peine à se projeter dans l'avenir. Il se dit prêt à faire n'importe quoi pour aider sa femme et son fils adoptif.

Le procès doit durer jusqu'au 26 janvier. L'interrogatoire de l'accusé sur les faits, qui a débuté en fin d'après-midi, lundi, est long et fastidieux. La présidente du tribunal passe en revue une transaction, demande au prévenu si elle a été faite sans autorisation, si l'ordre a été falsifié, avant de passer à l'opération suivante.

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ATS