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Comment partager entre dix héritiers 232 oeuvres et meubles d'exception? Pour résoudre le problème, les Orléans, descendants du roi de France Louis XIII, ont décidé de vendre aux enchères les trésors de la famille chez Sotheby's les 29 et 30 septembre à Paris.

Trois lots de cette vente, qui devrait mobiliser les plus grands collectionneurs et institutions, sont des trésors nationaux avec interdiction de sortie du territoire français. Mais l'Etat pourrait faire jouer son droit de préemption sur une dizaine d'oeuvres au total, selon Pierre Mothes, commissaire priseur de la vente et vice-président de Sotheby's.

"Cette collection constitue un ensemble unique et absolument exceptionnel. Il s'agit d'une vente royale, un événement tout à fait rare pour le marché international de l'art: ce sont les objets les plus précieux des Orléans conservés jusqu'à aujourd'hui dans la famille depuis cinq siècles. Certains remontent à Henri IV", qui régna sur la France de 1589 à 1610, précise M. Mothes.

Cette incroyable collection avait fait l'objet d'une donation intégrale par Henri, comte de Paris, en faveur d'une fondation. Le chef de la maison des Orléans souhaitait ainsi déshériter tous ses enfants, avec lesquels il a été en conflit jusqu'à son décès en 1999.

Partage impossible

La justice a finalement décidé la restitution aux héritiers des "biens historiques du trésor des rois de France", leur spoliation manifeste par leur aïeul ayant été reconnue en dernière instance, au terme d'une longue bataille judiciaire.

"Par la succession, les héritiers restent soumis au partage. Et partager ce trésor familial et historique est quasiment impossible avec un problème insoluble d'équité. La solution, c'est la vente", explique le vice-président de Sotheby's.

Pour le journaliste Stéphane Bern, "cette nouvelle braderie royale est symboliquement forte et signe assurément la fin d'une histoire qui est aussi la nôtre". Ces trésors de la monarchie française "sont aujourd'hui vendus aux plus offrants. Que restera-t-il ensuite de la Maison de France?", s'interroge ce spécialiste des royautés, faisant part de sa "grande tristesse".

Banque de France acquéreuse

Selon des estimations prudentes, la collection des Orléans pourrait atteindre 3 à 4 millions d'euros. Plusieurs records pourraient tomber en raison de la prestigieuse origine et de l'aspect unique de certaines oeuvres.

Parmi les trésors nationaux mis aux enchères, le manuscrit des comptes du château d'Amboise de 1495 et 1496, un registre de plus de 300 feuillets de peau de vélin tenu par les intendants financiers du roi Charles VIII, mais aussi le portrait de Louise-Marie-Adelaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'Orléans, par Elisabeth Vigée-Lebrun, estimé 1,8 million d'euros, et celui de Louis XIII (mort en 1643) par Philippe de Champaigne.

Ces deux derniers chefs-d'oeuvre, interdits de sortie du territoire, seraient en cours d'acquisition par la Banque de France, une transaction que Sotheby's ne confirme ni ne dément.

ATS