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Les entrepreneurs valaisans se défendent de profiter de l'assurance-chômage en hiver. Mis en cause par le SECO, ils ont présenté une étude pour montrer qu'ils sont les victimes et non les auteurs du chômage hivernal.

Olivier Maire

(sda-ats)

L'Association valaisanne des entrepreneurs (AVE) contre-attaque. Régulièrement montrés du doigt par le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) en matière de chômage hivernal, les entrepreneurs se défendent.

Le climat n'est pas le seul élément responsable du chômage hivernal, a déclaré mercredi le président de l'AVE Alain Métrailler lors de la présentation d'une étude de la HES-SO sur le sujet. Les entreprises de la construction n'abusent pas de l'assurance-chômage.

L'étude montre que le climat joue un rôle avec des répercussions sur l'emploi plus forte en Valais et dans les Grisons que dans le reste de la Suisse. Si le froid est souvent à l'origine de l'arrêt des travaux en altitude et en hiver, il n'est pas la seule cause.

Problématique plus vaste

Les causes sont complexes et variées. Les maîtres d'ouvrage, tant publics que privés, ne décident que rarement d'effectuer des travaux en hiver. Les carnets de commandes des entreprises ne sont pas assez remplis en cette période, surtout en station où beaucoup de communes limitent les travaux bruyants en période touristique.

L'étude montre que 69% des entreprises valaisannes du gros oeuvre citent les conditions atmosphériques comme premier critère d'une mise au chômage hivernal. Mais 17% d'entre elles mettent en avant un carnet de commandes insuffisant et 7% la trop grande rigidité des contrats de travail.

Six mois de gel

Les conditions climatiques jouent un rôle important en altitude. A 1600 mètres, l'altitude de nombreuses stations, la température moyenne est inférieure à zéro degrés durant six mois par année. Seuls trois mois sont dans le même cas en plaine à 500 mètres d'altitude.

Les entreprises valaisannes du gros oeuvre réalisent globalement 36,3% de leur chiffre d'affaires dans des stations touristiques. Pour la moitié d'entre elles, le carnet de commandes est inférieur à 30% de leurs capacités en janvier.

Le taux de chômage doit aussi être relativisé. Dans le secteur de la construction, le Valais n'octroie que 4% de permis pour frontaliers. Ils sont 18% aux Grisons et 50% au Tessin. Ces personnes ne sont pas inscrites dans les offices de chômage des cantons concernés et faussent ainsi les comparaisons intercantonales, précise M. Métrailler.

Assouplir les règles

L'AVE propose différentes pistes pour améliorer la situation. La réintroduction du chômage technique et l'assouplissement de l'accès aux indemnités pour intempéries sont les solutions qui affichent le plus d'adhésion auprès des entreprises. Elles souhaiteraient aussi annualiser le temps de travail. Beaucoup d'heures supplémentaires sont effectuées en été.

L'étalement des travaux par les maîtres d'oeuvre est aussi souhaité. Et l'Etat et les communes ont une responsabilité dans ce domaine, précise le directeur de l'AVE Serge Métrailler. Les soumissions et les adjudications de travaux devraient se faire en automne déjà plutôt qu'en début d'année.

L'étude montre que les entrepreneurs ne sont pas les auteurs du chômage hivernal, mais plutôt les victimes, selon M. Métrailler. Il critique le projet-pilote de l'Etat du Valais présenté en novembre qui cible les travailleurs en les obligeant à rechercher activement un emploi durable et à l'accepter pour toucher les indemnités de chômage.

ATS

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