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Les Equato-Guinéens ont voté dimanche en bon ordre et dans la discipline dimanche pour choisir leur président. Ce scrutin devrait voir la réélection de Teodoro Obiang Nguema, au pouvoir depuis 1979, face à six candidats se réclamant d'une opposition muselée.

Aucun incident ni débordement n'a été signalé pendant la journée, avec un scrutin encadré de près par les forces de sécurité, jusqu'à la fermeture des bureaux de vote, à 18H00 (19H00 suisses), ont constaté des correspondants de l'AFP.

Le secrétaire général du parti au pouvoir, le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE), a pronostiqué devant la presse une victoire à "plus de 90%" pour le chef de l'Etat. "C'est un travail qui a déjà été fait", a ajouté Jeronimo Osa Osa Ecoro.

"On va gagner"

Le président s'est voulu plus réservé sur le pourcentage. "Je ne peux pas dire le pourcentage, mais on va gagner", a-t-il déclaré aux journalistes après avoir voté. "C'est la continuité de ce qu'est aujourd'hui la Guinée équatoriale. C'est-à-dire, aujourd'hui notre pays est une référence au niveau démocratique (...), c'est un exemple".

Selon la procédure équato-guinéenne, les électeurs n'ont pas déposé pas eux-mêmes leur bulletin dans l'urne. Ils l'ont confié au président du bureau qui se chargeait de le glisser dans l'urne.

Les résultats sont attendus jeudi. A la dernière présidentielle, en 2009, M. Obiang Nguema, doyen des chefs d'Etat africains par la longévité au pouvoir, avait obtenu 95,37% des suffrages. Initialement prévu en novembre, le scrutin a été avancé au 24 avril par décret présidentiel, sans explication officielle.

Répression et corruption

M. Obiang Nguema, 73 ans, est arrivé au pouvoir en 1979 par un coup d'Etat, en renversant Francisco Macias Nguema à la tête du pays depuis l'indépendance de l'Espagne en 1968. Ce dernier avait précipité la Guinée dans la terreur, multipliant meurtres et exactions contre la population.

Depuis, le régime actuel est régulièrement dénoncé par les organisations de défense des droits de l'Homme pour sa répression des opposants, des organisations indépendantes de la société civile et des médias, ainsi que pour l'ampleur de la corruption.

Pour ce scrutin, M. Obiang Nguema est à la tête d'une coalition de dix partis dont le PDGE. Ses adversaires sont pour certains de nouveaux venus en politique, les autres n'ayant que très peu de poids sur l'échiquier national.

Résultat "connu d'avance"

Le Front de l'opposition démocratique (FOD), coalition des principaux partis d'opposition, a appelé à boycotter l'élection, en estimant que toutes les conditions étaient réunies pour des "fraudes".

"Le résultat est connu d'avance grâce aux multiples irrégularités et fraudes déjà préparées", avait affirmé avant le début de la campagne officielle Andres Esono, secrétaire général de la Convergence pour la démocratie sociale (CPDS). Ce parti, membre de la FOD, est le seul parti d'opposition à disposer d'une représentation au Parlement avec un député et un sénateur. Il a déjà prévenu qu'il ne reconnaîtrait pas "le président issu de l'élection".

En débutant la campagne de sa réélection, le chef de l'Etat s'était présenté comme "le candidat du peuple". Il avait prévenu les Equato-Guinéens que ceux qui ne voteraient pas pour lui "rejette(raient) la paix" et opteraient pour "le désordre".

S'exprimant également sur sa durée au pouvoir, il s'était justifié: "Beaucoup disent qu'ils sont fatigués de voir ma figure, 36 ans déjà, oui, mais j'ai consacré ma vie pour ce pays".

ATS