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Pourquoi les Européens du Nord ont-ils tendance à être à la fois plus grands et plus minces que ceux du Sud? Cette prédisposition est liée à une association de gènes, selon une étude publiée lundi dans la revue britannique spécialisée Nature Genetics.

Des chercheurs de l'Université du Queensland ont ainsi analysé le génome de plus de 250'000 Européens. Ils ont étudié en particulier les phénotypes liés à la taille et ceux liés à l'indice de masse Corporelle (IMC) à travers toute l'Europe.

"Nous avons constaté qu'une plus grande présence des gènes favorisant une grande taille était associée avec la présence de plusieurs gènes favorisant une IMC réduite (donc la minceur)", explique Matthew Robinson de l'Université de Brisbane en Australie et coauteur de l'étude. "Nos recherches suggèrent donc que les grands sont génétiquement plus susceptibles d'être minces".

Sélection naturelle

Les Européens du Nord qui, au fil des générations par sélection naturelle, sont devenus "génétiquement" plus grands que leurs cousins du Sud, sont donc également plus susceptibles d'être "génétiquement" minces.

Autre constatation des chercheurs: si les différences génétiques entre pays fournissent une explication pour les différences nationales en matière de taille, les facteurs environnementaux demeurent le principal déterminant en matière de poids.

"Ceci suggère que les différences dans le régime alimentaire sont plus importantes que la génétique en ce qui concerne l'IMC", précise Matthew Robinson. En moyenne, 24% de la variation génétique en termes de taille pourraient être expliqués par l'origine géographique, contre 8% seulement pour l'IMC.

Pas dû au hasard

De plus, selon les chercheurs, les différences génétiques observées sont trop importantes pour être dues au hasard et seraient plutôt liées à un long processus de sélection naturelle.

"Il y a plusieurs milliers d'années quand l'Europe a été peuplée, il est probable que les caractéristiques nécessaires pour survivre n'étaient pas les mêmes près de la Méditerranée qu'au nord de l'Europe", conclut Matthew Robinson.

ATS