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Les chefs de la diplomatie britannique Boris Johnson, luxembourgeoise Jean Asselborn et allemande Frank-Walter Steinmeier (de gauche à droite) au début de la réunion des ministres européens à Bruxelles.

KEYSTONE/AP/GEERT VANDEN WIJNGAERT

(sda-ats)

Après les vives critiques du président élu américain Donald Trump sur l'UE et l'Otan, les Européens répliquent. La riposte adéquate, selon eux: faire montre d'"assurance" et d'"unité".

"La meilleure réponse à l'interview du président américain, c'est l'unité des Européens", c'est de "faire bloc", a déclaré lundi le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault lors de son arrivée à une réunion de l'UE à Bruxelles. Il réagissait aux formules choc de Donald Trump dans un entretien aux quotidiens britannique Times et allemand Bild.

M. Trump a notamment jugé que le Royaume-Uni avait "eu bien raison" de sortir de l'UE et que le Brexit sera "un succès". Il estime également que "d'autres pays vont quitter" l'UE.

"Les déclarations de M. Trump interpellent, c'est pourquoi j'attends avec impatience que le secrétaire d'Etat américain qui va succéder à John Kerry, Rex Tillerson, puisse prendre rapidement ses fonctions pour que je le rencontre, pour qu'on puisse discuter de tous les points importants", a déclaré M. Ayrault. Et de citer l'avenir des relations avec la Russie, la question ukrainienne ou encore l'accord sur le nucléaire iranien.

Selon M. Ayrault, la gestion des "affaires du monde" demande "de plus en plus de régulation", "de concertation" ainsi que de "multilatéralisme" et "non pas le retour au nationalisme et au chacun pour soi".

Flux migratoires dus aux Etats-Unis

L'Europe doit "se ressaisir", d'après le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel. "Je pense que nous, Européens, ne devons pas tomber dans une profonde dépression, je ne sous-estime pas ce que dit Trump sur l'Otan, sur l'UE, mais faire preuve d'un peu d'assurance nous ferait du bien dans une telle situation", a-t-il dit.

M. Gabriel, également ministre de l'Economie et chef des sociaux-démocrates (SPD) alliés au gouvernement avec les conservateurs d'Angela Merkel, a aussi répondu aux critiques de M. Trump sur l'accueil par l'Allemagne de plus d'un million de demandeurs d'asile, fuyant notamment les guerres en Syrie en Irak.

"Ce que nous avons aujourd'hui, ce sont les conséquences de cette guerre (d'Irak), de la politique interventionniste des Etats-Unis depuis 1953 en Méditerranée, au Proche-Orient, en Iran aussi, si bien qu'une guerre a suivi l'autre, aboutissant à des flux de réfugiés auxquels l'Europe a été confrontée et pas les Etats-Unis", a-t-il relevé.

"Confiance absolue" de l'Otan

L'Otan a, pour sa part, réaffirmé sa "confiance absolue" dans le maintien d'un "engagement fort" des Etats-Unis auprès de l'Alliance atlantique sous la présidence Trump, après que le président élu américain a jugé cette organisation "obsolète". Ces déclarations ont été reçues avec inquiétude, a toutefois relevé le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier.

La réunion des 28 ministres des Affaires étrangères "sera vraisemblablement influencée, sinon déterminée, par les déclarations du président élu américain, qui a provoqué étonnement et agitation à Bruxelles, et je suppose, j'en suis sûr, pas seulement à Bruxelles", a-t-il admis.

Seul le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson avait de quoi se réjouir. Il a qualifié de "très bonne nouvelle" la proposition de Donald Trump de conclure "rapidement" un accord commercial avec le Royaume-Uni. Cet accord doit être "clairement dans l'intérêt des deux parties", a-t-il néanmoins ajouté.

ATS

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