Contenu externe

Le contenu suivant a été fourni par des partenaires externes. Nous ne pouvons ainsi pas garantir son accessibilité à tous les utilisateurs.

Les coûts liés à la dernière année de vie dépendent aussi des structures d'aide et de soins à domicile, selon cette étude (image symbolique).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

Au cours de leur dernière année de vie, les hommes occasionnent davantage de dépenses de santé que les femmes. S’éteindre en Suisse romande ou au Tessin coûte par ailleurs plus cher qu’en Suisse alémanique, selon une étude du Fonds national suisse (FNS).

Ces conclusions sont livrées par une des équipes du Programme national de recherche "Fin de vie" (PNR 67) après analyse des données des caisses maladie, a indiqué jeudi le FNS dans un communiqué.

Entre 2008 et 2010, 184'791 personnes sont décédées en Suisse. Parmi elles, 113'277 (61,3%) adultes étaient assurées auprès de l'une des six grandes caisses maladie. Leurs données anonymisées ont été transmises à l'Institut de médecine sociale et préventive de l'Université de Berne afin d'observer les différences régionales des frais de traitement médical lors de la dernière année de vie.

Premier constat: les dépenses remboursées par les caisses maladie augmentent drastiquement dans les douze mois qui précèdent le décès. Elles vont jusqu'à franchir la barre des 30'000 francs, ce qui dépasse largement les coûts de santé habituels qui, selon l'âge, oscillent entre environ 3500 et 6700 francs par an.

L'importance de ces montants dépend principalement de facteurs individuels – à commencer par la cause du décès, l'âge et le sexe. Les caisses maladie enregistrent des frais beaucoup plus élevés pour les personnes souffrant de cancer lors des douze derniers mois de leur vie (en particulier d'un cancer du sein, des poumons ou de la prostate). A l'inverse, les personnes victimes d'un accident ou d'une défaillance cardiaque leur coûtent moins cher.

La fin de vie des femmes moins chère

En moyenne, la mort des femmes arrive plus tard que celle des hommes, ont observé les chercheurs, et elle coûte moins cher. A ce sujet, aucune explication claire ne ressort des données récoltées. "Nos résultats ont simplement relevé une différence, on ne peut que spéculer sur les causes", note Radoslaw Panczak, premier auteur de l'étude, cité dans le communiqué.

Les auteurs se sont attelés à corriger les interférences dues aux facteurs individuels dans les modèles statistiques. Cela ne les a pas empêchés de constater d'importantes différences dans la répartition des coûts de la santé en fin de vie selon les régions.

Ainsi, l'année qui précède le décès entraîne en Suisse romande et au Tessin en moyenne environ 20% de dépenses de plus qu'en Suisse alémanique.

Selon les chercheurs, qui se réfèrent à une étude réalisée parmi les médecins suisses, ce décalage pourrait notamment s'expliquer par le fait que les professionnels de la santé francophones prennent en charge la douleur de manière plus active. Ils se révèlent en général aussi moins enclins que leurs collègues alémaniques à renoncer à des mesures thérapeutiques à la demande de l'entourage.

Soins à domicile

Les chercheurs voient une autre raison à cette différence de coûts dans le fait que davantage de personnes en Suisse latine terminent leurs jours à l'hôpital, plutôt qu'à domicile ou dans des maisons de retraite et établissements de soins.

"Plus les médecins du domaine ambulatoire et les établissements de soins sont nombreux, plus la probabilité de mourir à l'hôpital diminue", souligne Radoslaw Panczak.

Cela se voit par exemple clairement lorsque l'on compare les régions d'Yverdon-les-Bains (VD) et de Neuchâtel. Cette dernière a établi très tôt des structures d'aide et de soins à domicile. Cela explique peut-être pourquoi les coûts moyens y sont inférieurs de moitié par rapport à ceux de la région vaudoise voisine.

Ces travaux ont été publiés dans les revues Medical Care et BMC Palliative Care.

ATS