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La diversité végétale des prairies se modifie insidieusement sous l’influence des changements climatiques et de l'exploitation agricole, selon cette étude (archives).

KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER

(sda-ats)

Les périodes de sécheresse intense modifient la composition végétale des prairies et réduisent leur diversité, ont constaté des chercheurs bernois avec des confrères français. Leur capacité de résistance aux événements climatiques extrêmes s'en trouve aussi amoindrie.

Les prairies et pâturages ne nourrissent pas seulement le bétail, elles sont aussi des habitats importants pour des plantes et des animaux indigènes. Les herbages riches en espèces abritent des centaines de plantes herbacées et de graminées différentes, a indiqué mercredi la Haute école des sciences agronomiques, forestières et alimentaires (BFH-HAFL), un département de la HES bernoise.

La diversité de l’écosystème prairial, résultat de l’interaction complexe entre la géologie du sous-sol, le climat et l’exploitation agricole, se modifie insidieusement, ont constaté Andreas Stampfli et Michaela Zeiter dans le cadre de deux études soutenues par le Fonds national suisse (FNS) et menées entre 2010 et 2017.

Les scientifiques de la BFH-HAFL voulaient comprendre d’une part, comment les prairies de fauche réagissaient à la sécheresse estivale en termes de composition spécifique et de productivité, et d’autre part, si leur réaction était influencée par l’intensité de l’exploitation.

Pour leurs investigations, conduites en collaboration avec l’Université de Berne et l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) de Clermont-Ferrand (F), ils ont installé des parcelles expérimentales sur douze sites, du Jura jusqu’au Tessin. Les parcelles ont été couvertes de toits pour simuler la sécheresse estivale et le taux d’humidité du sol a été mesuré en continu.

L’azote moteur des changements

Résultats: l’exposition à un stress hydrique durant deux à quatre mois en été n’affecte que temporairement la productivité, et la prairie retrouve rapidement son état antérieur. En revanche, sa diversité et sa composition spécifiques sont plus profondément modifiées.

Les graminées à croissance rapide se multiplient au détriment des plantes herbacées, alors que le nombre d’espèces végétales décroît, de l'ordre de 10%. Plus la prairie est exploitée intensivement, plus ces changements sont accentués, rapportent les scientifiques dans la revue Global Change Biology.

Cette disparition inattendue des espèces à croissance lente, pourtant mieux adaptées à la sécheresse, s’explique par des processus pédologiques. Dès qu’il recommence à pleuvoir, l’azote est à nouveau minéralisé dans le sol. Son action fertilisante accélère la croissance des plantes et accroît la concurrence, ce qui est défavorable aux espèces tolérantes au stress.

Capacité de résistance réduite

Au cours des dernières décennies, l’intensification de l’agriculture a entraîné un recul des espèces tolérantes au stress, à croissance lente. Cette évolution a réduit la capacité des prairies à réagir aux phénomènes climatiques extrêmes, qui risquent de s’intensifier encore à l’avenir.

Or, un stress hydrique comparable à celui que connaît la zone méditerranéenne accélérerait encore le déclin des espèces dans les prairies suisses.

Pour survivre et continuer à bien fonctionner, un écosystème a besoin d’une proportion importante d’espèces végétales résistantes au stress. Si l’on veut favoriser la résilience des prairies, il faut donc appliquer de manière plus systématique les connaissances sur les propriétés fonctionnelles des plantes, recommandent les chercheurs.

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ATS