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Les gays devraient pouvoir à l'avenir donner leur sang en Suisse, sous conditions. Transfusion CRS Suisse plaide en ce sens auprès de Swissmedic (image symbolique).

KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

Les hommes homosexuels devraient pouvoir donner leur sang à l'avenir. A condition d'être abstinent depuis 12 mois. L'organisation Transfusion CRS Suisse entreprend des démarches en ce sens auprès de l'autorité compétente Swissmedic.

L'exclusion systématique des hommes ayant eu des rapports sexuels avec des hommes ne se justifie plus, a lancé lundi Transfusion CRS Suisse dans un communiqué. L'organisation veut faire évoluer la situation par étapes.

Dès janvier 2017, ces hommes devraient pouvoir donner leur sang, à condition d'être abstinent depuis 12 mois. La Suisse rejoindrait ainsi des pays comme la France, les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, qui ont assoupli les critères d'aptitude au don ces dernières années.

Mais "cette solution n'est pas la panacée", a déclaré Anita Tschaggelar, membre de la direction de Transfusion CRS Suisse lundi devant les médias. A long terme, la Suisse doit revoir sa pratique et baser sa politique sur des critères liés aux risques.

Evaluer les risques

Ainsi, une suspension du don de sang ne devrait être prononcée que si le comportement sexuel effectif du donneur est jugé à risque, indépendamment de son orientation sexuelle. Elle devrait aussi être temporaire et non plus définitive, estime Transfusion CRS Suisse.

L'élaboration de critères d'aptitude au don basés sur les risques est toutefois complexe et ceux-ci ne pourraient pas entrer en vigueur avant 2018, selon l'organisation. Pour autant que Swissmedic donne son accord.

Actuellement, les hommes ayant eu des rapports sexuels avec des hommes depuis 1977 restent exclus du don du sang. Cette mesure est en vigueur depuis 1985. Swissmedic, qui doit approuver les conditions d'admission au don, a jusqu'à présent refusé de changer les règles.

Le Conseil fédéral s'était montré plutôt disposé à assouplir les conditions. Mais les services régionaux de transfusion sanguine sont l'unique garant de la sécurité et de la qualité, avait-il rappelé l'automne dernier.

Fenêtre de diagnostic

Le sang des donneurs est toujours testé, notamment pour traquer le VIH ou les hépatites. Pour les patients, il existe toutefois un risque d'être infecté lors d'une transfusion. Cette "fenêtre diagnostique " constitue le noeud du problème. "Malheureusement, peu de personnes en sont conscientes", a dit Mme Tschaggelar.

Si quelqu'un donne son sang juste après avoir été infecté au VIH, par exemple, aucun test disponible ne permettra de détecter ce sang infecté. Grâce aux nouveaux tests, cette fenêtre s'est certes raccourcie. Mais elle est reste de 7 jours maximum pour le VIH et de 20 jours pour l'hépatite B.

Cellules de sang

La situation est différente pour le don de cellules souches de sang. La pratique changera dès mercredi: on ne demandera plus aux hommes s'ils ont eu des rapports sexuels avec des hommes. Les critères seront basés uniquement sur les risques, a aussi annoncé Transfusion CRS Suisse.

Qu'il soit hétérosexuel ou homosexuel, le donneur sera classé dans un des quatre groupes de risque en fonction de son comportement sexuel. Seules seront exclues du don les personnes en catégorie "risque élevé", notamment celles s'étant injectées de la drogue en intraveineuse au cours des dix dernières années ou celles ayant eu plus de trois partenaires sexuels différents au cours des quatre derniers mois.

Dans le domaine, le mandat de Transfusion CRS Suisse se fonde sur la loi sur la transplantation. L'organisation peut donc définir les critères d'aptitude au don selon sa propre compétence et ses critères.

Pink Cross salue

Pink Cross, a salué les démarches de Transfusion CRS Suisse. L'organisation faîtière suisse des gays demande depuis des années de passer d'une exclusion discriminatoire à une analyse des risques qui ne soit pas fondée sur l'orientation sexuelle de la personne. Swissmedic doit désormais faire tomber les obstacles pour les hommes concernés, a écrit la faîtière.

ATS