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Murs lézardés, maisons éventrées, Marawi a souffert des combats de ces derniers mois (archives)

KEYSTONE/AP/BULLIT MARQUEZ

(sda-ats)

Les habitants de la ville de Marawi, dans le sud des Philippines, commençaient timidement à rentrer mardi. Leur cité a été dévastée par cinq mois de combats. L'armée philippine continuait de traquer d'éventuels djihadistes embusqués.

La fin de cette bataille qui aura fait plus d'un millier de morts et laissé l'est de l'agglomération en ruines a été annoncée lundi par le gouvernement philippin à l'issue d'ultimes combats autour d'une mosquée dans lesquels des dizaines d'hommes armés ont été tués.

Des centaines de djihadistes ayant prêté allégeance au groupe Etat islamique (EI) avaient pris le 23 mai le contrôle de secteurs entiers de Marawi, utilisant des civils comme boucliers humains.

Plus de 400'000 personnes ont fui la ville qui a été le théâtre de la plus longue bataille urbaine de l'histoire philippine, les combattants islamistes résistant aux raids aériens quasi quotidiennes en se terrant dans des caves, des tunnels et des mosquées.

"Nous avons peur mais nous voulons vérifier l'état de nos maisons", a confié une femme d'une quarantaine d'années revenant avec sa famille dans son quartier situé tout près du lieu où se sont déroulés les plus âpres affrontements.

Sa maison est toujours debout. Mais elle a été pillée. "Tout ce qui était facile à prendre, les télévisions, les ordinateurs portables, a disparu", a-t-elle indiqué.

Seules quelques dizaines de civils ont été aperçus mardi par l'AFP dans la moitié est de Marawi, alors que des explosions et des tirs d'armes automatiques résonnaient toujours de façon épisodique.

Traque aux derniers djihadistes

L'armée a affirmé que cela ne signifiait nullement une reprise des combats. Le colonel Romeo Brawner, commandant adjoint des forces déployées à Marawi, a expliqué que des militaires continuaient de traquer des combattants qui pourraient être retranchés dans certains bâtiments, et de faire exploser des mines.

"Il est possible qu'il y en ait encore (des combattants). Dans chaque guerre, c'est la procédure standard", a-t-il déclaré. "Les tirs s'inscrivent dans les opérations de nettoyage, parce qu'il y a des trous, des tunnels (dans les bâtiments). Les militaires tirent d'abord avant de regarder avec leurs torches".

Dans la partie ouest de la ville en revanche, qui a globalement échappé aux combats, des centaines d'habitants sont déjà revenus. Quelques petites échoppes vendant des produits de consommation courante, de la nourriture ont rouvert. Mais l'armée a cependant averti qu'elle n'avait pas encore donné son feu vert officiel à un retour des habitants, par crainte pour leur sécurité.

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ATS