Les Indonésiens ont voté mercredi, des jungles de Borneo à la mégalopole de Jakarta, pour élire le président du plus grand pays musulman au monde. Les premières estimations de ce scrutin géant sont attendues dans la journée.

"Les bureaux de vote ont fermé à 13h00 locales (08h00 en Suisse), excepté ceux où il y avait toujours dans les files d'attente des électeurs enregistrés" arrivés avant l'heure limite, a indiqué un membre de la commission électorale à l'AFP.

Le scrutin oppose le président sortant Joko Widodo, vu comme un musulman modéré dans un pays où l'islam conservateur progresse, à l'ex-général Prabowo Subianto qui veut diriger le pays avec une plus grande poigne.

De premières estimations publiées quelques heures après le scrutin devraient donner une indication sur le vainqueur de la présidentielle, alors que les résultats officiels ne seront publiés qu'en mai.

Election complexe

Avec un nombre record de 245'000 candidats en lice pour la présidence, les parlements nationaux et locaux, l'Indonésie organisait l'élection la plus importante de son histoire et la plus complexe. Les premiers bureaux de vote avaient ouvert à 22h00 GMT mardi dans la province de Papouasie (est). Plus de 190 millions d'Indonésiens étaient appelés aux urnes.

Les derniers sondages avant le scrutin donnaient l'avantage à Joko Widodo, 57 ans, avec une dizaine de points de pourcentage d'avance face à son adversaire, l'ex-général Prabowo Subianto, âgé de 67 ans.

Après avoir voté à Jakarta, le président surnommé "Jokowi", s'est déclaré "optimiste" est a affiché sa décontraction en expliquant qu'il allait attendre les résultats avec ses proches. Plus offensif, le candidat d'opposition s'est dit "confiant" et a souligné que les Indonésiens "ne voulaient plus qu'on les trompe".

L'opposition, qui a fait une campagne empreinte de nationalisme, a prévenu qu'elle pourrait contester les résultats en cas de fraude et a évoqué des manifestations. En 2014, Jokowi avait remporté l'élection de justesse devant le même adversaire, qui avait contesté les résultats en justice avant de s'incliner.

La campagne a été marquée par des attaques virulentes des deux camps qui ont multiplié les efforts pour séduire l'électorat musulman conservateur tandis que la multiplication des infox sur les réseaux sociaux pourrait aussi avoir eu un impact sur les électeurs.

Défi logistique

Dans les plus de 800'000 bureaux de vote déployés sur l'archipel, les électeurs doivent percer des trous dans les bulletins pour choisir leurs candidats puis tremper leur doigt dans de l'encre certifiée halal, une mesure destinée à empêcher les votes multiples.

Cette élection est un défi logistique dans un archipel de 17'000 îles entre l'océan Indien et le Pacifique, qui s'étend sur 4800 kilomètres de l'extrémité ouest de l'île de Sumatra, en passant par Java ou Bali, jusqu'à la Papouasie, sa province la plus orientale.

Le matériel électoral a été acheminé par avion, bateau, moto, porteur ou bête de somme dans les zones les plus difficiles à atteindre.

Bilan mitigé

Joko Widodo a fait campagne sur son bilan de construction d'infrastructures, dont la première ligne de métro de Jakarta ouverte opportunément en mars.

Mais pour les ONG, son action sur les droits de l'Homme n'a pas été à la hauteur des attentes suscitées par celui qui était décrit comme l'"Obama indonésien" au moment de son arrivée au pouvoir pour ses origines modestes et une certaine ressemblance physique.

Le président Jokowi a choisi le prédicateur islamiste conservateur Ma'ruf Amin pour être son candidat à la vice-présidence. Une stratégie destinée à donner des gages à l'électorat musulman conservateur, mais qui inquiète les plus progressistes.

L'ancien général Prabowo Subianto s'est de son côté rapproché des groupes islamiques les plus radicaux et a promu une hausse des dépenses de défense et de sécurité. Sur le plan économique il vante une politique protectionniste "Indonesia first" inspirée de Donald Trump et a promis de remettre en cause des milliards de dollars d'investissements chinois dans le pays.

Le candidat qui se présente comme un homme à poigne est desservi par ses liens avec le régime du dictateur Suharto, dont il a été le beau-fils, et par son passé militaire controversé.

Il a ordonné l'enlèvement d'activistes pro-démocratie à la chute du régime de Suharto en 1998 et a été accusé de graves abus pendant le conflit au Timor oriental.

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