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Luisa Ortega, une chaviste historique qui a pris ses distances depuis plusieurs mois avec Nicolas Maduro, a indiqué qu'elle ne reconnaissait pas son limogeage par l'Assemblée constituante, institution voulue par le président Nicolas Maduro.

KEYSTONE/EPA EFE/CRISTIAN HERNANDEZ

(sda-ats)

L'opposition vénézuélienne a dénoncé "la prise en otage" des institutions. L'Assemblée constituante, voulue par Nicolas Maduro et dotée de pouvoirs illimités, a limogé samedi la procureure générale Luisa Ortega, une adversaire pugnace du président socialiste.

"Ce qui se passe au Venezuela, c'est une prise en otage totale de toutes les institutions par un seul camp, par un seul parti politique", a déclaré à la presse Julio Borges, président du parlement, seule institution contrôlée par l'opposition.

Luisa Ortega, une chaviste historique qui a pris ses distances depuis plusieurs mois avec Nicolas Maduro, a indiqué qu'elle ne reconnaissait pas cette décision. Le Parquet général, qu'elle dirige, avait ouvert mercredi une enquête pour fraude électorale présumée lors du scrutin de l'Assemblée constituante le 30 juillet. Elle réclame en outre l'annulation de l'installation de cette toute-puissante institution.

La Cour suprême de justice (TSJ), accusée par l'opposition d'être inféodée au pouvoir, a annoncé plus tard que Mme Ortega serait jugée pour des "irrégularités". Ses comptes ont par ailleurs été bloqués et il lui a été interdit de quitter le pays. Elle a aussitôt été remplacée à son poste par un proche du pouvoir, le "défenseur du peuple" (ombudsman) Tarek William Saab, 59 ans.

Nommée en 2007 par le président Hugo Chavez (1999-2013), Mme Ortega était la principale figure institutionnelle à oser défier publiquement son successeur.

Tollé international

Ce limogeage risque d'empirer les relations déjà tendues du Venezuela avec la communauté internationale, inquiète de la dérive autoritaire du régime.

La présidente du Chili, Michelle Bachelet, a affirmé sur Twitter que ce renvoi "est un pas de plus dans la rupture démocratique et ne contribue pas à la paix pour le peuple vénézuélien". Pour le président colombien Juan Manuel Santos, il s'agit du "premier acte dictatorial" de la Constituante. Le Mexique a qualifié ce renvoi d'"illégitime".

Un peu plus tôt, les ministres des Affaires étrangères du Brésil, de l'Argentine, de l'Uruguay et du Paraguay avaient décidé de suspendre politiquement le Venezuela du Mercosur, "pour rupture de l'ordre démocratique".

L'élection de la Constituante, entachée par des violences qui ont fait dix morts, a suscité un tollé international, dont une condamnation inhabituellement ferme du Vatican, alors que déjà plus de 120 personnes ont été tuées en quatre mois de manifestations contre le gouvernement.

ATS