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Les leaders mondiaux célèbrent l'armistice de la Première Guerre mondiale à Paris

Au Forum pour la paix, le président français Emmanuel Macron a mis en garde contre la poussée des nationalismes.

KEYSTONE/EPA POOL/YOAN VALAT/POOL

(sda-ats)

Plus de 70 chefs d'Etat et de gouvernement ont commémoré en grande solennité le centenaire de l'armistice dimanche à Paris. Emmanuel Macron en a profité pour dénoncer le nationalisme cher à Donald Trump.

Lors de cette journée symbolique, plusieurs chefs d'Etat ont mis en garde contre les risques de guerre, ravivés selon eux par la remise en cause croissante du modèle multilatéral, socle des relations internationales depuis l'après-guerre. Sur la tombe du soldat inconnu de la Grande guerre, Emmanuel Macron a mis en avant le patriotisme et dénoncé le "nationalisme", dont se réclame Donald Trump, principal contempteur de l'ordre mondial multilatéral.

"Le patriotisme est l'exact contraire du nationalisme. Le nationalisme en est sa trahison", a affirmé le président français pendant la cérémonie solenelle dimanche matin, point d'orgue pour Emmanuel Macron, après une semaine de commémorations en France.

Sous une pluie fine, Donald Trump, Angela Merkel, Vladimir Poutine, Benjamin Netanyahu, Recep Tayyip Erdogan, Justin Trudeau, Mohammed VI, ainsi qu'Alain Berset, se sont réunis sous l'Arc de Triomphe, en haut de la célèbre avenue des Champs-Elysées. C'est sous ce monument que gît le soldat inconnu et brûle perpétuellement la flamme du souvenir, rappelant l'ampleur d'un conflit aux 18 millions de morts.

Après les honneurs militaires, le célèbre violoncelliste Yo-Yo Ma a joué du Bach. Des lycéens ont lu des témoignages de 1918. Et la chanteuse béninoise Angélique Kidjo a chanté en hommage aux troupes coloniales, avant qu'Emmanuel Macron ne conclue en ravivant la flamme.

Trump au cimetière

Après un déjeuner au palais de l'Elysée, les dirigeants se sont rendus dans l'Est parisien pour participer au Forum sur la paix. Deuxième temps fort de cette journée, la réunion a été une nouvelle occasion pour le camp du multilatéralisme de dire le mal qu'il pense des vents nationalistes qui soufflent un peu partout sur le monde.

Mais sans Donald Trump. Le président américain est allé au cimetière américain de Suresnes, en banlieue parisienne, pour rendre hommage à ses concitoyens tombés au champ de bataille, au lendemain d'un rendez-vous manqué à Bois Belleau, haut lieu de la mémoire militaire américaine pendant la Première Guerre mondiale.

Le déplacement du président à ce mémorial avait été annulé à cause de la météo empêchant l'hélicoptère présidentiel de voler, suscitant de vives critiques aux Etats-Unis. Sous la pluie, le locataire de la Maison Blanche a "rendu hommage" dimanche aux "courageux Américains qui ont donné leur dernier souffle" lors du conflit, avant de regagner l'aéroport dans l'après-midi.

Auparavant, environ 1500 personnes s'étaient réunies dans le calme à Paris pour dénoncer sa présence. En revanche, incident notable et rarissime, trois militantes Femen ont réussi dimanche matin à forcer la sécurité sur les Champs-Elysées pour s'approcher du convoi de Donald Trump, avant d'être interpellées.

Visions pessimistes

Au Forum pour la paix, plusieurs des plus fervents défenseurs de l'ordre multilatéral ont multiplié les mises en garde. Car si multilatéralisme et coopération offrent selon eux paix et progrès, nationalisme et unilatéralisme n'apporteraient que guerre et malheur.

"Bien des éléments aujourd'hui me semblent empruntés et au début du XXe siècle, et aux années 30, laissant craindre un engrenage invisible", a jugé Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU.

"Nous voyons bien que la coopération internationale, un équilibre pacifique entre les intérêts des uns et des autres, et même le projet européen de paix sont de nouveau remis en question", a affirmé Mme Merkel.

"Nous sommes fragilisés par les retours des passions tristes, le nationalisme, le racisme, l'antisémitisme, l'extrémisme, qui remettent en cause cet horizon que nos peuples attendent", a prévenu M. Macron.

Berset moins alarmiste

Moins alarmiste, Alain Berset réfute tout parfum de guerre, même s'il concède l'existence de mouvements d'instabilité et de repli sur soi. Mais pour le président de la Confédération la situation actuelle n'est pas aussi dramatique que dans les années 1930.

Il n'y a pas de crise économique grave, et il existe une prise de conscience que les problèmes globaux dépassent les frontières nationales, assure-t-il. Pour être en mesure de répondre "ensemble" à ces défis, Alain Berset insiste sur la nécessité d'avoir des institutions internationales "fiables et solides", et "pas détachées des Etats".

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