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Les mariages en Turquie sous le contrôle des muftis

En Turquie, les muftis auront désormais le droit de célébrer des mariages civils (archives) KEYSTONE/EPA/SEDAT SUNA sda-ats
Ce contenu a été publié le 20 octobre 2017 - 21:54
(Keystone-ATS)

Les muftis en Turquie auront désormais le droit de célébrer des mariages civils, aux termes d'un projet de loi voté par le Parlement turc. L'opposition y voit une atteinte à la laïcité et un risque pour les droits des femmes.

Le texte a été adopté jeudi soir. Les muftis, les responsables religieux employés par la Direction des affaires religieuses, elle-même placée sous l'autorité du Premier ministre, pourront désormais pour les mariages assurer la fonction jusqu'ici réservée aux officiers d'état civil.

Le Parti républicain du peuple (CHP), principale formation de l'opposition, entend déposer "dès que possible" un recours devant la Cour constitutionnelle à propos de ce texte. Le Parti démocratique des peuples (HDP, pro-kurde) le rejette également.

Au-delà du nouveau coup porté selon eux à la laïcité, les opposants au texte craignent qu'il ne facilite la propagation d'unions où la mariée est mineure. L'âge légal pour se marier est Turquie est de 18 ans mais il n'est pas rare dans les zones rurales que des unions religieuses soient célébrées avec des jeunes filles dès leur puberté.

Cette loi est interprétée comme une nouvelle étape dans le processus d'islamisation de la société turque engagé, selon ses détracteurs, par le président Recep Tayyip Erdogan. "On dit que c'est contre la laïcité mais l'Eglise le fait bien en Occident", a-t-il fait valoir la semaine dernière.

"Il s'agit manifestement d'une atteinte à la laïcité", a réagi Cana Gullu, présidente de la Fédération des associations des femmes turques. "Mais quoi qu'ils fassent, la lutte des femmes va continuer et la démocratie et la laïcité prévaudront".

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