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Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz veut ajouter deux bandes rouges au drapeau national pour "valoriser le sacrifice des martyrs" de la résistance à la colonisation française qui s'est achevée en 1960 (archives).

KEYSTONE/EPA/AHMED El HADJ

(sda-ats)

Les Mauritaniens se prononçaient samedi sur une révision de la Constitution prévoyant notamment la suppression du Sénat. Malgré le boycott d'une partie de l'opposition, le président Mohamed Ould Abdel Aziz s'est dit convaincu que le oui l'emportera "largement".

Ce texte apportera "paix, sécurité, stabilité et développement" au pays, a ajouté le chef de l'Etat après avoir déposé son bulletin dans un bureau de vote de la capitale Nouakchott dans la matinée.

Elaborée en septembre-octobre lors d'un dialogue entre le pouvoir et l'opposition dite modérée, cette révision prévoit de remplacer le Sénat par des Conseils régionaux élus et de supprimer le médiateur de la République et le Haut conseil islamique. Elle prévoit aussi d'ajouter deux bandes rouges au drapeau national, pour "valoriser le sacrifice des martyrs" de la résistance à la colonisation française.

Deux urnes

Après une campagne houleuse émaillée de tensions, voire de violences lors de manifestations de l'opposition, les bureaux de vote ont ouvert comme prévu à 07h00 locales (09h00 suisses) dans ce vaste pays en grande partie désertique.

Les Mauritaniens devaient voter dans deux urnes: l'une pour les principaux amendements et l'autre pour la modification du drapeau. Les bureaux de vote devaient fermer à 19h00. Les résultats sont attendus en début de semaine prochaine.

"Coup de force" dénoncé

Un des enjeux sera le taux de participation parmi les quelque 1,4 million d'inscrits, puisque l'opposition radicale s'est engagée dans un "boycott actif" du scrutin, en espérant reprendre à son compte une éventuelle forte abstention.

Elle crie au "coup de force" du président Mohamed Ould Abdel Aziz, 60 ans, qu'elle soupçonne de vouloir créer un précédent qui pourrait faciliter à terme une suppression de la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels.

Le chef de l'Etat a raillé l'opposition radicale. Il a estimé qu'il ne s'agissait que d'une "infime partie de l'opposition, en état de déliquescence, qui n'existe que sur le papier ou sur les réseaux sociaux".

Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 2008, l'ancien général Mohamed Ould Abdel Aziz a été élu en 2009 puis réélu en 2014 pour cinq ans. Il a aussi laissé entendre que ces modifications de la loi fondamentale ne seraient probablement pas les dernières.

"Dans deux ans, voire dix ans, d'autres amendements peuvent intervenir pour adapter notre Constitution à nos réalités", a-t-il déclaré, sans donner plus de précisions.

Inquiétude de l'ONU

Le dernier jour de la campagne, jeudi, a été à nouveau marqué par des interventions musclées de la police, qui a dispersé à coups de gaz lacrymogène et de matraque des opposants dans trois quartiers de la capitale Nouakchott.

A Genève, le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme s'est dit jeudi "préoccupé" par le climat de la campagne et "l'apparente suppression de certaines voix dissidentes".

Fronde du Sénat

Il doit faire face à une fronde du Sénat, pourtant majoritairement favorable au pouvoir, qui s'est cabré contre un texte signifiant sa disparition.

Une vingtaine de sénateurs ont entamé mercredi un sit-in au Parlement afin d'exiger des excuses du président pour les avoir accusés de corruption et pour qu'il renonce au référendum. Mais M. Abdel Aziz a renouvelé ses accusations lors de son dernier grand meeting de campagne jeudi soir à Nouakchott.

Le chef de l'Etat a affirmé que ces sénateurs avaient "trahi la Nation". "Ces gens ont selon leurs propres dires procédé à des partages d'argent pris sur des hommes d'affaires pour saper les institutions du pays", a-t-il accusé, appelant la foule de ses partisans à décréter la dissolution du Sénat "qui coûte très cher et ne correspond à rien, à aucun besoin".

L'alliance des partis d'opposition radicale a accusé vendredi le pouvoir de "préparer une fraude à grande échelle". La violence "n'est pas notre choix", mais elle "finira pas s'imposer aux gens", a averti son chef de file, Jemil Ould Mansour, qui dirige le parti islamiste Twassoul.

ATS