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Les migrants qui avaient jusqu'au 30 août pour quitter le jardin du sleep-in de Renens squattent depuis dimanche un ancien collège des hauts de Lausanne qui doit être transformé en garderie. La ville ne tolérera pas cette occupation et a porté plainte.

"On nous a placés devant le fait accompli. Les travaux de transformation du collège avaient débuté la semaine dernière. Des entreprises devaient intervenir", a expliqué lundi à l'ats le municipal lausannois Oscar Tosato, qui a déposé une plainte pénale au nom de la ville pour violation de domicile.

La commune n'acceptera pas cette occupation de bâtiment. Mais sur le fond du problème, la position du municipal est plus nuancée. Il reconnaît "qu'on ne peut pas ne pas faire de lien avec les flux migratoires à travers la Méditerranée ou dans les Balkans".

Il regrette que ces migrants n'aient pas accepté la proposition de la ville de se rendre auprès du Service cantonal de la population (SPOP) pour examiner leur situation de manière individuelle. Il observe que Lausanne - connue pour son humanisme dans le dossier des apprentis sans-papiers ou la scolarisation des enfants roms - est "mise sous pression".

"Par désespoir, ces personnes s'adressent à une municipalité qui n'a aucune compétence pour l'octroi de papiers", a-t-il ajouté. "Comment envisager qu'une autorité communale mette locaux et nourriture à disposition de personnes déboutées de l'asile ou qui pourraient être hébergées dans des centres de l'EVAM?".

Question de visibilité

Par cette occupation, le collectif de soutien aux migrants veut rendre visible la situation de ces laissés-pour-compte. "On veut montrer qu'on ne peut pas faire disparaître ces gens", a expliqué une membre du collectif des Jean Dutoit. Interdits d'accès au jardin du sleep-in, les migrants seront contraints de chercher abri dans des parkings ou à des arrêts de bus. "Nous refusons que cette quête soit solitaire et souterraine".

Selon le collectif, une soixantaine de personnes, dont deux tiers de migrants, ont trouvé refuge à l'ancien collège de Petit-Vennes, à la route de Berne 50. Dans cette situation d'urgence, ce bâtiment vide était le seul susceptible d'abriter les migrants et ceux qui les soutiennent, estime-t-il.

Le collectif souhaite que la municipalité accepte l'occupation de ces locaux ou qu'elle en mette d'autres à disposition. Il devait rencontrer Oscar Tosato lundi en fin d'après-midi.

Camping sommaire

Depuis ce printemps, un camping sauvage sommaire, avec un point d'eau et des matelas de récupération, s'était développé dans le jardin du sleep-in, un lieu d'hébergement d'urgence géré par la ville de Lausanne. Plusieurs dizaines de migrants s'y réunissaient chaque soir, avec des pics d'occupation à 60-70 personnes.

Début août, les villes de Lausanne et Renens avaient ordonné aux migrants d'évacuer le jardin du sleep-in d'ici au 30 août. Une petite vingtaine de personnes y ont passé la nuit de dimanche à lundi. Elles ont indiqué en partant qu'elles comptaient rejoindre l'ancien collège de Petit-Vennes.

ATS