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Le bilan des derniers jours porte à 1000 le nombre de morts en Méditerranée en 2018, a déploré l'Organisation internationale des migrations (archives).

KEYSTONE/AP/SANTI PALACIOS

(sda-ats)

Trois naufrages et près de 180 morts ou disparus en cinq jours en Méditerranée: le rythme des départs de migrants en grande majorité africains de Libye s'est accéléré après un accord européen destiné à dissuader de telles traversées.

Mardi, un nouveau naufrage est venu rappeler ces drames humains de l'immigration clandestine. Au moins sept personnes, dont deux enfants, ont péri et 123 autres ont été secourues, après que leur embarcation a coulé non loin des côtes libyennes.

Les corps des cinq migrants qui étaient morts à l'arrivée des secours, n'ont pas pu être repêchés, a indiqué le capitaine d'un navire de la marine libyenne, Rami Ghommeidh. Deux enfants ont été retrouvés sans vie sur l'embarcation, a-t-il ajouté sans être en mesure de fournir davantage de détails.

Dimanche, 63 migrants sont portés disparus en mer et 41 migrants ont pu être sauvés parce qu'ils portaient des gilets de sauvetage. Les rescapés ont indiqué que 104 personnes étaient à bord de l'embarcation qui a coulé au large de Garaboulli, à 50 km à l'est de Tripoli.

Principal point de départ

Cette région est devenue depuis quelques mois le principal point de départ de canots pneumatiques surchargés de migrants qui veulent tenter la périlleuse traversée de la Méditerranée vers l'Italie, distante de quelque 300 km. Et vendredi, les corps de trois bébés ont été repêchés dans la même zone, tandis qu'une centaine de personnes, dont des femmes et des enfants, ont été portées disparues. Seulement 16 migrants ont pu être sauvés.

Le bilan des derniers jours porte à 1000 le nombre de morts en Méditerranée en 2018, a déploré lundi l'Organisation internationale des migrations (OIM). Face à la multiplication des drames, les gardes-côtes libyens affirment ne pas disposer de moyens suffisants pour faire face à ces flux de migrants, et disent ne disposer que de 4 "vieux" navires prêtés par l'Italie.

Douze vedettes offertes

Lundi, le gouvernement italien a annoncé qu'il allait leur offrir 12 vedettes, d'un coût de 2,5 millions d'euros, pour les aider à mieux lutter contre les tentatives des migrants de rejoindre l'Italie.

"Nous sommes conscients que cela ne suffit pas et qu'il faut travailler pour stabiliser le scénario, renforcer l'Etat de droit et la protection de la dignité des personnes sur le territoire de l'Etat libyen naissant", a commenté le ministre italien des Transports et des Infrastructures, Danilo Toninelli.

"Le nombre de morts en mer au large des côtes libyennes augmente de façon alarmante", a mis en garde lundi Othman Belbeisi, chef de mission de l'OIM en Libye. "Les trafiquants exploitent le désespoir des migrants avant que l'Europe ne réprime les traversées méditerranéennes", a-t-il dit dans un communiqué.

Vendredi, après des semaines de tension, les dirigeants de l'Union européenne sont parvenus à un compromis qui propose la création de "plateformes de débarquements" de migrants en dehors de l'UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée. Pour des analystes, cet accord permet de sauver la face à plusieurs leaders en première ligne face à l'afflux de migrants, mais reste flou et ne comporte pas suffisamment d'engagements concrets pour régler cette question.

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ATS