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En 2015, le phénomène s'explique essentiellement par les journées de protestation dans le secteur principal de la construction (archives).

KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

(sda-ats)

Le mouvement de protestation national des maçons à la fin 2015 a fait bondir le nombre de grévistes en Suisse. L'an passé, 13'437 salariés se sont retrouvés impliqués dans un conflit collectif de travail, contre 1300 en moyenne pour les six années précédentes.

Le recensement officiel dénombre 13 cas de grèves ou de lock-out (grève patronale) ayant duré au moins une journée de travail, selon les chiffres publiés jeudi par l'Office fédéral de la statistique (OFS). Au total, 164 entreprises ou établissements étaient concernés.

Le nombre de journées de travail perdues a lui aussi explosé l'année dernière à 13'274. C'est quatre fois plus que la moyenne de la période 2009-2014. Il faut en effet remonter à la crise de 2008 pour retrouver le dernier pic récent, même s'il n'a pas atteint l'ampleur de ceux des années 2001 ou 2004.

Journées de protestation

En 2015, le phénomène s'explique essentiellement par les journées de protestation dans le secteur principal de la construction organisées à l'appel des syndicats Unia et Syna, confirme Daniel Lampart, secrétaire général de l'Union syndicale suisse (USS). A Genève, les fonctionnaires sont aussi descendus dans la rue.

Pour mémoire, des milliers de salariés du bâtiment se sont mobilisés mi-novembre pour exiger du patronat des négociations sur une nouvelle convention nationale du secteur principal de la construction. Ils ont manifesté par vagues au Tessin, puis en Suisse alémanique et en Suisse romande. Les négociations ont abouti, sécurisant, pour l'heure, la retraite à 60 ans.

L'abandon du taux plancher entre le franc et l'euro mi-janvier 2015 a lui aussi eu des répercussions, mais limitées. Au Tessin, Daniel Lampart évoque une grève engagée par des salariés contre l'introduction de baisses salariales pour les travailleurs frontaliers. Si l'action a été un succès, elle ne représente même pas une "centaine" de journées de travail perdues, selon lui.

Crise aussi en 2008

Le pic de 2008 correspond lui aussi à une crise dans le secteur de la construction, marquée par plusieurs mouvements de protestation et des grèves qui ont paralysé les principaux chantiers de Suisse, dont ceux de la NLFA du Gothard. Après sept mois de vide conventionnel, patrons et syndicats se sont accordés sur une nouvelle convention nationale de travail (CN).

Les conflits collectifs du travail donnant lieu à des arrêts de travail font l'objet depuis 1927 d'un recensement officiel, précise l'OFS. L'enquête sur les conflits collectifs du travail est menée auprès des partenaires sociaux, des entreprises et des administrations publiques touchées par une grève ou par un lock-out.

ATS