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Le culte de Nicolae Ceausescu célébré vendredi à Bucarest par les nostalgiques de la dictature

KEYSTONE/AP/VADIM GHIRDA

(sda-ats)

Près de trente ans après son exécution, le culte de Nicolae Ceausescu reste vivace en Roumanie. Des nostalgiques se sont recueillis vendredi à Bucarest sur la tombe de l'ancien dictateur pour les cent ans de sa naissance.

"Je suis venu faire mon devoir de patriote et allumer une bougie pour lui, car il le mérite", explique un octogénaire, une chapka vissée sur la tête. Plusieurs dizaines de fidèles de l'ancien "Conducator" portaient des fleurs et des bougies.

Renversé par un soulèvement anticommuniste le 22 décembre 1989 après un quart de siècle de règne, Ceausescu avait été fusillé trois jours plus tard aux côtés de son épouse Elena, à la suite d'un procès sommaire.

"Ils n'auraient pas dû le tuer", se désole un chauffeur à la retraite, minimisant les privations ayant marqué l'époque Ceausescu: "Tout le monde avait un emploi, un appartement, les congélateurs étaient pleins", assure-t-il.

Installé à la tête du parti communiste en 1965 et devenu le premier président du pays en 1974, Ceausescu avait instauré l'une des dictatures les plus dures d'Europe de l'Est, selon les historiens.

"Quel dictateur ?!", s'insurge une femme âgée venue poser des fleurs sur la tombe en marbre rouge érigée dans le cimetière Ghencea de Bucarest. "Les hommes politiques d'aujourd'hui sont-ils capables de faire autant que Ceausescu ? Pas du tout, ils ne font que voler", ajoute-t-elle.

Passé glorieux

Pour de nombreux Roumains, "Ceausescu est l'icône d'un passé glorieux, d'une Roumanie dont la mémoire a éliminé le froid et la faim", explique le sociologue Vasile Dâncu. Cette nostalgie a augmenté ces dernières années, nourrie par le désenchantement face à la classe politique au pouvoir 28 ans après le retour de la démocratie, souligne-t-il.

"Ceausescu hante toujours comme un fantôme les esprits de ceux formés avant 1989. Le discours national-communiste est toujours très présent dans les débats politiques, tandis que l'ancien dirigeant semble être devenu quelqu'un de fréquentable, digne de respect, un grand patriote", déclare de son côté l'historien Armand Gosu.

Selon lui, l'héritage de l'ancien dictateur est omniprésent: "La plupart des villes ont été défigurées par sa politique de systématisation, la géographie économique du pays est en partie le résultat de ses décisions illogiques". Mais "les plaies les plus profondes sont d'ordre social", relève encore l'historien.

Rôles inversés

L'industrialistion forcée des années 1970 avait entraîné l'exode vers les villes de millions de paysans appelés à travailler dans des usines. Certains d'entre eux avaient été promus hauts fonctionnaires, activistes du parti communiste ou officiers de la Securitate, la redoutable police politique. "Cela a provoqué une véritable révolution, où les rôles au sein de la société ont été inversés", estime M. Gosu.

A noter encore que pour la cinquième fois, la maison Artmark organisera le 31 janvier prochain une vente aux enchères de biens ayant appartenu aux Ceausescu, dont des photos, des tapis au visage du "Fils bien-aimé de la nation", des vêtements ou encore des cadeaux offerts par des dirigeants étrangers.

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ATS