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L'occupation de la Maison des arts du Grütli prend fin. Le Collectif de soutien aux requérants refusant d'être hébergés en abri PC a accepté de déménager jeudi après-midi à la salle municipale du Faubourg.

"Nous acceptons ce déménagement, qu'on qualifie de nécessaire, mais qui est aussi problématique", a indiqué jeudi à l'ats Pablo Cruchon de solidaritéS. "Il est nécessaire car nous prenons au sérieux les conditions de vie de requérants qui ont besoin d'un lieu où se reposer".

"Il est aussi problématique, car ce n'est pas le rôle du collectif - aujourd'hui constitué en association - d'assumer les responsabilités de l'Etat: héberger des migrants dans des conditions dignes",a -t-il ajouté.

Cet hébergement provisoire est prévu jusqu'au 15 août. "D'ici là, on demande que le Conseil d'Etat s'engage formellement à proposer des réponses concrètes et durables. Outre une maison inoccupée à Meyrin, nous avons de nouvelles idées de terrains ou bâtiments vides qui pourraient convenir", a noté M.Cruchon.

Plan B

La solution de la salle de concerts du Faubourg, dans le quartier de St-Gervais, a été proposée dans la matinée par la Ville de Genève. Ce "plan B", selon les termes de Sami Kanaan, conseiller administratif en charge de la culture et du sport, a été mis sur pied suite à l'échec des discussions avec l'Eglise catholique quant à la mise à disposition d'une salle à l'Eglise du Sacré-Coeur.

Les deux conseils de paroisse concernés souhaitaient une garantie totale de la Ville en cas de dommages. Une caution que l'Exécutif n'a pas pu donner. "On a proposé 10'000 francs, puis 20'000 francs, mais on ne peut imaginer être responsable sur un montant illimité", a souligné la maire de Genève Esther Alder lors d'une conférence de presse.

Un projet de convention concernant la gestion du lieu a été soumis au collectif de soutien. Il prévoit notamment l'accompagnement d'un travailleur social en journée et d'un Securitas la nuit, comme c'est déjà le cas au Grütli.

Les défenseurs des migrants pourront par ailleurs poursuivre leur mobilisation: la Ville met un espace à leur disposition sur la plaine de Plainpalais, a détaillé M.Kanaan.

Du repos

La salle de spectacles du Faubourg n'accueillera pas d'autres requérants que ceux du Grütli. Dans ce nouvel espace, les migrants pourront se reposer, a indiqué le médiateur de la Ville Ueli Leuenberger, dont le mandat a pris fin jeudi. Ils y seront chez eux 24 heures sur 24 et ne devront pas quitter les lieux à 8h00 du matin, comme au Grütli.

Plaidant leur cause, il a rappelé que "certains d'entre eux ont déjà passé jusqu'à onze mois dans un abri PC ou vécu l'incendie des Tattes qui a fait un mort et quarante blessés". Aller dans un abri, "ils l'ont pris comme une punition. Dans la durée, ça pèse très lourdement".

Accélération

La Ville réclame également des solutions durables de la part du canton." Il est surprenant que le Conseil d'Etat n'ait toujours pas répondu formellement à nos demandes", a indiqué Sami Kanaan. Il a à nouveau déploré le manque d'anticipation de l'Etat de Genève quant à la prise en charge des migrants.

"L'avantage de cette crise, c'est qu'on a l'impression que des solutions émergent du côté des conseillers d'Etat Mauro Poggia et Antonio Hodgers, que ça accélère le processus", a poursuivi Mme Alder. Selon elle, l'Eglise protestante a par exemple proposé un terrain sur lequel des constructions modulaires pourraient être installées. La Ville cherche également des terrains.

Tolérée par la Ville, l'occupation de la Maison du Grütli par des requérants d'asile déboutés et leurs sympathisants avait débuté le 15 juin. Une trentaine d'entre eux avaient alors refusé leur transfert du foyer des Tattes vers les abris PC. Ils avaient ouvert par l'Hospice général afin de libérer de la place pour des familles de requérants.

ATS