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Bangkok - Le pouvoir en Thaïlande a pris la première mesure consécutive à l'instauration de l'état d'urgence annoncé la veille. Il a muselé la chaîne de télévision des manifestants qui, loin de faiblir, se préparent à un nouveau rassemblement.
Le premier ministre Abhisit Vejjajiva a fait taire la "Chaîne du Peuple", qui retransmettait en direct depuis mi-mars les diatribes des responsables des "chemises rouges". Ceux-ci sont favorables à l'ex-premier ministre en exil Thaksin Shinawatra et décidés à obtenir par tous les moyens des élections anticipées.
M. Abhisit, qui a renoncé à des voyages à Washington et Hanoï pour se consacrer à la crise, est désormais au pied du mur, pressé par son camp de ramener la sérénité dans la capitale et harcelé par des leaders "rouges" à la conviction intacte. Il se montre malgré tout soucieux d'éviter un bain de sang.
"C'est une mesure diabolique d'un gouvernement dictatorial", a protesté Nattawut Saikuar, un cadre "rouge". "Le gouvernement a tort de penser que couper le signal empêchera les 'rouges' de se rassembler".
L'opposition a appelé à une nouvelle manifestation dès vendredi. "Je veux avertir ceux qui veulent réprimer les manifestants pour la démocratie que ce ne sera pas facile", a déclaré Jatuporn Prompan, un autre cadre du mouvement.
M. Abhisit, au pouvoir depuis décembre 2008 à la faveur de décisions de justice et de renversements d'alliances parlementaires, est dans le collimateur des manifestants depuis presque quatre semaines.

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ATS